Filière coton au Cameroun : les pertes des producteurs fragilisent un pilier stratégique de l’économie
Alors que la filière coton demeure l’un des principaux leviers de l’économie agricole camerounaise, les difficultés croissantes rencontrées par les producteurs commencent à inquiéter les acteurs du secteur. Entre baisse de rentabilité, charges d’exploitation élevées et incapacité à respecter les engagements financiers, de nombreux cotonculteurs se retrouvent aujourd’hui au bord de l’asphyxie économique.
Sur le terrain, les pertes enregistrées dans les exploitations affectent directement la stabilité de la chaîne de production. Plusieurs producteurs peinent désormais à rembourser les crédits agricoles contractés pour lancer les campagnes culturales. Une situation qui pousse certains agriculteurs à abandonner progressivement la culture du coton, pourtant considérée depuis des décennies comme une activité génératrice de revenus dans les régions septentrionales du Cameroun.
Cette fragilité grandissante représente un risque majeur pour la Société de développement du coton (Sodecoton), principal acteur de la filière, dont le modèle repose largement sur la capacité des producteurs à maintenir leurs niveaux de production et à honorer leurs engagements contractuels.
Malgré ces turbulences, le coton conserve une place stratégique dans l’économie nationale. Selon les données de la Sodecoton, cette culture représente encore près de 6 % des exportations hors pétrole du Cameroun et contribue à hauteur de 14,1 % du PIB de la branche agriculture d’exportation. Des chiffres qui illustrent l’importance économique et sociale de cette filière pour le pays, mais aussi pour l’ensemble de la sous-région CEMAC.
Dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés internationaux des matières premières et les défis climatiques récurrents dans le septentrion, les observateurs estiment qu’un soutien accru aux producteurs devient indispensable pour éviter un essoufflement durable de la filière. Modernisation des exploitations, amélioration des mécanismes de financement agricole, sécurisation des revenus paysans et renforcement de la transformation locale figurent parmi les pistes évoquées pour redonner un souffle nouveau à « l’or blanc » camerounais.
Au-delà des enjeux nationaux, l’avenir du coton camerounais apparaît également comme un défi sous-régional. La filière constitue en effet un moteur économique pour plusieurs économies d’Afrique centrale, où le textile et l’agro-industrie cherchent encore à gagner en compétitivité face aux grandes puissances exportatrices mondiales.
Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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