Economie

Cacao : les prix repartent à la hausse au Cameroun, mais restent loin des sommets historiques

La filière cacao camerounaise retrouve des couleurs. À deux mois de la clôture officielle de la campagne 2025-2026, prévue le 15 juillet prochain, les prix des fèves affichent une remontée significative dans plusieurs bassins de production du pays, relançant les espoirs des producteurs après des mois de tension sur les revenus agricoles.

Selon les dernières données publiées par le Système d’information des filières (SIF) de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le kilogramme de cacao se négocie désormais entre 1 550 et 1 650 FCFA au 6 mai 2026, contre des niveaux oscillant autour de 1 300 FCFA il y a encore quelques semaines. Une progression qui permet au marché local de franchir à nouveau le seuil psychologique des 1 500 FCFA le kilogramme.

Cette embellie intervient dans un contexte où l’Afrique consolide son statut de premier bassin mondial de production de cacao, portée principalement par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun. À l’échelle sous-régionale, la remontée des prix redonne un souffle à une filière stratégique pour les économies de la CEMAC et de l’Afrique de l’Ouest, fortement dépendantes des revenus agricoles d’exportation.

Une reprise encore fragile

Malgré cette dynamique haussière, les prix servis aux producteurs camerounais demeurent largement en dessous des records historiques enregistrés au cours des deux dernières campagnes. Durant la saison 2024-2025, le kilogramme de cacao avait culminé à 5 400 FCFA, après un sommet exceptionnel de 6 000 FCFA atteint lors de la campagne 2023-2024, dans un contexte mondial marqué par une forte pénurie de l’offre.

Fortes de ces performances inédites, les autorités camerounaises avaient lancé la campagne 2025-2026 avec des projections ambitieuses, tablant sur des prix producteurs compris entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme. Mais la réalité du marché international a rapidement rattrapé ces prévisions.

Pour plusieurs analystes des matières premières, le reflux des prix s’explique principalement par les perspectives de redressement de la production mondiale de cacao. Après trois campagnes déficitaires ayant provoqué une flambée des cours sur les marchés internationaux, l’Organisation internationale du cacao (ICCO) anticipe désormais un retour progressif à l’équilibre grâce à l’amélioration des récoltes dans les principaux pays producteurs.

Pression mondiale sur les cours

Les experts estiment que l’augmentation attendue de l’offre mondiale devrait continuer à exercer une pression baissière sur les prix des fèves, aussi bien sur les places boursières internationales que dans les pays producteurs africains.

Pour le Cameroun, cette situation représente un enjeu économique majeur. Le cacao demeure l’un des principaux produits d’exportation du pays et une source essentielle de revenus pour des centaines de milliers de ménages ruraux. Toute variation des cours impacte directement le pouvoir d’achat des producteurs, les recettes d’exportation et les équilibres macroéconomiques nationaux.

À l’échelle sous-régionale, la tendance actuelle pourrait également raviver les débats sur la transformation locale du cacao africain. Face à la volatilité persistante des cours mondiaux, plusieurs États producteurs cherchent désormais à renforcer les chaînes de valeur industrielles afin de capter une part plus importante des revenus générés par l’or brun.

Dans les bassins de production camerounais, la légère reprise observée ces dernières semaines est accueillie avec prudence. Les producteurs espèrent désormais que la fin de campagne permettra de consolider cette remontée, même si les perspectives internationales laissent entrevoir un marché encore sous tension dans les prochains mois.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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