Pétrole : Abuja loin de son objectif de 2 millions de barils par jour

Dans un contexte de forte dépendance aux hydrocarbures, le Nigeria intensifie ses efforts pour consolider ses revenus pétroliers, pilier central de ses finances publiques. Selon les estimations de la Banque mondiale et de l’OPEP, l’or noir représente entre 65 et 80 % des recettes budgétaires du pays et près de 80 à 90 % de ses exportations, faisant du secteur pétrolier un levier stratégique pour la stabilité macroéconomique de la première économie d’Afrique.

Malgré une relative stabilisation de la production en 2025, les performances du secteur restent en deçà des ambitions fixées par les autorités fédérales. D’après les données publiées par la Commission nigériane de régulation pétrolière en amont (NUPRC) et relayées le lundi 12 janvier 2026, la production moyenne de pétrole brut et de condensats s’est établie à 1,64 million de barils par jour sur les onze premiers mois de l’année écoulée.

Dans le détail, la production de brut hors condensats a oscillé entre 1,38 et 1,53 million de barils par jour selon les mois, un niveau encore éloigné de l’objectif gouvernemental de 2 millions de barils quotidiens à court terme. Cette performance maintient toutefois le Nigeria à proximité de son quota fixé par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), établi autour de 1,5 million de barils par jour. Abuja plaide désormais pour une révision à la hausse de ce plafond, dans l’espoir d’accroître ses marges budgétaires.

Le régulateur souligne néanmoins que plusieurs contraintes structurelles continuent de freiner l’expansion de la production nationale. Si les pertes liées au vol de pétrole semblent avoir reculé, les difficultés d’infrastructures, les actes de sabotage et les défis sécuritaires dans certaines zones de production, notamment dans le delta du Niger, limitent encore la capacité du pays à augmenter durablement ses volumes.

Face à ces défis, les autorités nigérianes tentent de relancer l’attractivité du secteur. En 2025, la NUPRC a accéléré l’approbation de plusieurs projets pétroliers et gaziers afin de débloquer des investissements en attente. Dans le delta du Niger, un nouveau terminal pétrolier dédié aux champs marginaux a été mis en service pour faciliter l’évacuation de la production des petits opérateurs. Parallèlement, le lancement du cycle d’appels d’offres pétroliers 2025, ouvert le 1ᵉʳ décembre, s’inscrit dans la stratégie d’Abuja visant à attirer de nouveaux capitaux et à stimuler l’exploration.

Malgré ces initiatives, la trajectoire du secteur pétrolier nigérian reste étroitement liée à sa capacité à moderniser ses infrastructures, sécuriser ses installations et restaurer la confiance des investisseurs internationaux, dans un marché énergétique mondial de plus en plus compétitif.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA

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