Filière lait : le Sénégal enclenche une transformation industrielle avec le Brésil

Le Sénégal accélère sa marche vers l’autosuffisance laitière. Le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a annoncé la signature imminente d’un protocole d’accord avec son homologue brésilien, en marge de la deuxième Conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural (ICARRD+20) tenue du 24 au 28 février à Carthagène, en Colombie.

Ce partenariat vise à structurer durablement la filière et à réduire la dépendance croissante aux importations, dans un pays considéré comme l’un des principaux marchés laitiers d’Afrique de l’Ouest aux côtés du Nigeria, du Ghana ou encore de la Mauritanie. Dakar mise sur l’expertise reconnue du Brésil pour combler ses déficits de production et renforcer la compétitivité locale.

Au cœur de l’accord figurent le renforcement de la coopération scientifique entre la Société brésilienne de recherche agricole (Embrapa) et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), ainsi qu’un ambitieux programme de transfert d’embryons de bovins Gir à fort potentiel laitier. Les autorités sénégalaises veulent également promouvoir les partenariats public-privé, développer les cultures fourragères, moderniser l’alimentation animale et professionnaliser les exploitations à travers la formation, la mécanisation agricole et pastorale.

Cette offensive s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2017 pour améliorer le potentiel génétique du cheptel. Début janvier 2026, le gouvernement avait déjà réceptionné 1 050 vaches de races Guzera et Girolando en provenance du Brésil, dans le cadre d’un programme national de modernisation de l’élevage.

L’enjeu est économique et budgétaire. Malgré ces efforts, la facture des importations de produits laitiers continue de grimper. Selon les données officielles, les volumes ont progressé de 28 973 tonnes en 2020 à 33 745 tonnes en 2024, tandis que la dépense a bondi de 34,3 % pour atteindre 65,73 milliards de francs CFA. En misant sur la génétique, l’innovation et l’investissement, Dakar espère inverser la tendance, créer de la valeur locale et sécuriser son approvisionnement alimentaire.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA

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