Marché financier régional : les obligations gabonaises renforcent l’attractivité de la zone CEMAC

Le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale franchit une nouvelle étape dans sa dynamique d’intégration. Les obligations souveraines du Gabon seront admises au compartiment obligataire de la BVMAC à compter du 23 février 2026, selon l’avis officiel N°007/2026. Cette opération porte sur 11,9 millions de titres, introduits via une procédure d’offre à prix ouvert, marquant un tournant pour la liquidité et la profondeur du marché régional.

L’emprunt « EOG 2025 A TRANCHES MULTIPLES » traduit la volonté du Trésor gabonais de diversifier ses sources de financement et de consolider sa présence sur le marché secondaire. Structurée en deux segments, l’opération propose une Tranche A à maturité de deux ans avec un rendement de 5,6 % net, et une Tranche B sur trois ans rémunérée à 6 % net. Cette configuration permet d’attirer à la fois les investisseurs institutionnels et les particuliers, tout en favorisant la gestion active des portefeuilles en zone CEMAC.

La première séance de cotation, prévue lundi, se déroulera à un cours de référence fixé à 100 % de la valeur nominale, soit 10 000 FCFA. L’offre à prix ouvert vise à garantir une confrontation transparente entre l’offre et la demande, condition essentielle pour établir un prix de marché représentatif. L’opération est pilotée par ESS Bourse, en qualité d’arrangeur chef de file, afin d’assurer la fluidité des transactions.

Au-delà de la mobilisation de ressources pour le financement des investissements publics gabonais, cette admission renforce la capitalisation du marché obligataire régional et contribue à l’approfondissement de l’intégration financière en Afrique centrale. Elle ouvre également de nouvelles perspectives d’arbitrage et de diversification pour les investisseurs, tout en consolidant la crédibilité des émissions souveraines dans l’espace communautaire.

Sur le plan régional, cette opération pourrait stimuler l’émulation entre États de la sous-région, encourager d’autres émissions sur le marché financier communautaire et réduire la dépendance aux financements extérieurs. Le succès de cette mise en cotation dépendra toutefois du niveau de liquidité et de l’engagement des acteurs du marché lors des premières séances, dans un contexte où la modernisation des instruments financiers reste un levier clé pour la croissance et la résilience économique de la zone.

Afric-eco/Etienne MONTHE

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