Crise du scanning au PAD : le patronat sonne l’alerte sur un risque majeur pour l’économie
Réunis à Douala le 12 février 2026, les acteurs majeurs de la communauté portuaire tirent la sonnette d’alarme face à la coexistence de deux opérateurs de scanning. En jeu : la compétitivité du Port autonome de Douala, la stabilité des prix et la continuité de l’approvisionnement national.
La place portuaire de Douala traverse une zone de fortes turbulences. À l’initiative du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), une concertation de haute portée stratégique s’est tenue le jeudi 12 février 2026, réunissant les représentants du SCADTC, de l’UCAM, du GPAC, du CNCC, du SYNEFOR, du GIMC, de CROPLIFE ainsi que plusieurs importateurs.
Au cœur des échanges : la coexistence, depuis le début de l’année 2026, de deux opérateurs de scanning des conteneurs – SGS et Transatlantic D SA – au Port autonome de Douala (PAD). Une situation qualifiée d’ inédite et totalement inacceptable par la communauté des affaires.
Des surcoûts qui fragilisent la chaîne logistique
Selon les participants, la double facturation systématique des prestations de scanning engendre un renchérissement immédiat des coûts de passage portuaire. À ces charges supplémentaires s’ajoutent les surestaries, taxes d’encombrement et autres surcoûts logistiques liés au rallongement des délais de dédouanement.
Conséquence directe : des ralentissements de production pour plusieurs entreprises et des risques de rupture d’approvisionnement sur certains produits stratégiques. À terme, préviennent les opérateurs économiques, ces tensions pourraient se répercuter sur les prix aux consommateurs, alimenter la contrebande et éroder davantage le pouvoir d’achat.
Plus préoccupant encore, les récents blocages auraient entraîné une paralysie quasi totale des opérations de dédouanement et d’embarquement ces derniers jours, mettant à rude épreuve la fluidité des échanges commerciaux.
Un enjeu de compétitivité nationale
Poumon de l’économie camerounaise et porte d’entrée du commerce sous-régional, le PAD voit sa compétitivité menacée. Pour les milieux d’affaires, la multiplication des coûts et des délais fragilise l’attractivité de la place portuaire de Douala face aux hubs concurrents du Golfe de Guinée.
Au-delà du seul secteur portuaire, c’est l’ensemble de l’environnement des affaires qui se trouve affecté, dans un contexte où la relance économique et l’industrialisation requièrent prévisibilité, stabilité réglementaire et maîtrise des coûts logistiques.
Des exigences claires aux autorités
Au terme des travaux, la communauté des affaires a formulé trois exigences majeures :
la normalisation immédiate de la situation, avec une seule opération de scanning et un paiement unique ;
la mise en place d’une commission mixte Administration–secteur privé pour évaluer les surcoûts subis et en organiser le remboursement intégral ;
le gel des augmentations tarifaires décidées par le PAD, dans l’attente d’une évaluation complète de leur impact économique.
Faute d’issue rapide, les entreprises envisagent, dès le lundi 16 février 2026, une suspension temporaire des levées de déclarations d’importation et d’exportation ainsi que des déclarations en douane.
Un signal fort qui, s’il se concrétise, pourrait accentuer la pression sur la chaîne logistique nationale. Pour les opérateurs, l’urgence est désormais à la décision afin de préserver la fluidité des échanges, la stabilité des marchés et la crédibilité économique du Cameroun.
Afric-eco/Etienne MONTHE


