DOUALA : Filets sociaux adaptatifs : à mi-parcours, un levier économique en consolidation

Douala, capitale économique du Cameroun, abrite du 27 au 31 janvier 2026 l’Atelier des travaux techniques de la revue à mi-parcours du Projet des filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique. Une étape stratégique dans la mise en œuvre d’un programme devenu, au fil des années, un véritable instrument de transformation sociale et de stimulation de l’économie locale.

Les travaux ont été officiellement ouverts mardi 27 janvier 2026 par le représentant du gouverneur de la région du Littoral, en présence des partenaires techniques et financiers, au premier rang desquels la Banque mondiale, des représentants du gouvernement, ainsi que des acteurs de terrain engagés dans la mise en œuvre du projet.

Un projet économique au cœur de la stratégie nationale

Pour NJOH Michelin, coordonnateur national du projet, la revue à mi-parcours s’impose comme un moment de vérité.

« Le projet des filets sociaux adaptatifs est un projet économique mis en œuvre depuis janvier 2023. Il a remplacé le projet des filets sociaux qui a été exécuté de 2013 à 2022, avec des résultats très probants », rappelle-t-il.

Selon lui, les précédents filets sociaux ont permis, sur près d’une décennie, d’améliorer durablement les conditions de vie des ménages bénéficiaires tout en dynamisant l’économie locale. Fort de ces acquis et des orientations du Président de la République visant à faire de la jeunesse le moteur de l’économie camerounaise, le nouveau projet a été conçu avec l’appui de la Banque mondiale et du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire.

Le programme repose sur deux piliers majeurs :

les filets sociaux, destinés à soutenir les ménages les plus vulnérables ;

l’entrepreneuriat des jeunes, ciblant la tranche d’âge de 18 à 35 ans.

Entrepreneuriat jeune : des financements structurants

Dans le volet inclusion économique des jeunes, deux mécanismes sont déployés. Le premier concerne les jeunes évoluant dans le secteur informel.

« Lorsqu’un jeune est sélectionné, il reçoit un appui financier de 275 000 FCFA en deux tranches », explique NJOH Michelin.

Le second mécanisme, le Concours Plan d’Affaires, cible les jeunes entrepreneurs à potentiel, qu’ils soient en phase de formalisation ou déjà structurés.

« Le bénéficiaire peut recevoir en moyenne 5,5 millions de FCFA, jusqu’à un maximum de 11 millions », précise le coordonnateur national.

À ce jour, 1000 bénéficiaires ont déjà été sélectionnés sur les 2000 visés, dont 754 entreprises issues de l’informel ont été formalisées, renforçant ainsi l’assiette économique nationale et la création d’emplois.

Des résultats encourageants salués par la Banque mondiale

Emma Wadie Hebson, spécialiste principal en protection sociale pour la région Afrique de l’Ouest à la Banque mondiale, dresse un bilan globalement positif :

« À ce stade, 90 000 ménages ont bénéficié des filets sociaux, 14 000 jeunes ont profité du programme d’inclusion économique, et 1000 entreprises à fort potentiel de croissance ont été soutenues à travers le Concours Plan d’Affaires », indique-t-elle.

Des chiffres qui, selon elle, confirment la trajectoire positive du projet, avec une perspective réaliste d’atteinte des objectifs d’ici 2028.

Toutefois, des défis subsistent, notamment le faible accès de certains bénéficiaires à la Carte nationale d’identité, freinant les paiements numériques, ainsi que la nécessité d’accélérer certaines activités, en particulier celles liées à l’entrepreneuriat jeune.

« Il faut aussi penser à l’après-2028, et réfléchir à la pérennisation des filets sociaux comme un mécanisme permanent de l’État », souligne-t-elle.

Sur le terrain, des impacts visibles

Les résultats du projet ne se lisent pas seulement dans les statistiques. Ils se constatent sur le terrain.

« Lors de nos descentes récentes à Yaoundé et Douala, nous avons observé comment les bénéficiaires utilisent concrètement les fonds », confie NJOH Michelin.

Dans l’habillement, la coiffure, l’agriculture, l’élevage, l’agro-industrie ou la transformation locale, les jeunes entrepreneurs s’équipent, produisent, recrutent d’autres jeunes et valorisent les produits locaux.

« Cela correspond pleinement à la vision du Chef de l’État : produire davantage localement pour réduire les importations », conclut-il.

À mi-parcours, le projet des filets sociaux adaptatifs s’affirme ainsi comme un puissant outil de résilience sociale, d’inclusion économique et de transformation productive, au service d’une croissance plus inclusive et durable au Cameroun.

Afric-eco/Etienne MONTHE

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