DOUALA | MOBILITÉ URBAINE – Trottoirs libérés : le CUD à l’épreuve du terrain
À la Douche municipale, dans le premier arrondissement de Douala, les commerçants ont libéré les trottoirs sous l’action de la police municipale. Une avancée concrète pour la mobilité urbaine, mais dont la pérennité dépendra de l’extension des opérations aux marchés et aux autres emprises publiques.
DOUALA — Le signal est visible à la Douche municipale. Les trottoirs, longtemps occupés par des activités commerciales, sont de nouveau accessibles aux piétons. Sous la conduite d’Arlette Alemoka, la police municipale intensifie l’application des mesures portées par le maire de la ville, le Dr Roger Mbassa Ndine. Une évolution qui remet au premier plan un enjeu économique majeur : la fluidité des déplacements dans la capitale économique camerounaise.
L’opération « Restituons les trottoirs aux piétons », officiellement lancée le 22 juin 2021, entre dans une nouvelle séquence opérationnelle. Après une phase de sensibilisation annoncée en février de la même année, la Communauté urbaine de Douala (CUD) avait engagé la répression des occupations irrégulières, notamment sur la base de l’arrêté municipal n° 038A/CUD/CAD-MAIRE/2021.
Relancée en février 2025, puis poursuivie en 2026 à travers des interventions dans plusieurs quartiers, cette campagne s’inscrit dans les ambitions du Projet de mobilité urbaine de Douala (PMUD) : améliorer les conditions de déplacement et réorganiser l’espace public dans une agglomération confrontée à la congestion et à la pression croissante des activités informelles.
Un enjeu économique, au-delà des trottoirs
Car un trottoir encombré ne constitue pas seulement un problème de circulation. Il contraint les piétons à partager la chaussée avec les véhicules, complique les accès aux commerces et contribue aux frictions qui ralentissent les déplacements. À l’échelle d’une métropole économique, ces contraintes peuvent renchérir les coûts de déplacement et peser sur la productivité des travailleurs comme sur la distribution des marchandises.
Les sanctions municipales, qui peuvent atteindre 250 000 FCFA pour certains encombrements ou stationnements illégaux, doivent contribuer au respect des règles. Mais la contrainte ne suffira pas sans contrôle régulier, solutions de relogement commercial adaptées et dialogue avec les vendeurs dont les revenus dépendent de l’occupation de l’espace public.
Le test de la durée
À la Douche municipale, le trottoir libéré offre une première illustration des effets attendus. Reste à étendre cette dynamique aux marchés et aux autres emprises encore occupées, tout en évitant le simple déplacement du problème vers les rues voisines.
Pour le PMUD, le véritable indicateur de réussite ne sera pas le nombre d’opérations coup de poing, mais la capacité à inscrire durablement la reconquête de l’espace public dans une mobilité plus fluide, inclusive et économiquement efficace. À Douala, le chantier est désormais autant celui de l’application des règles que celui de la transformation des usages urbains.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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