SANTÉ MENTALE : QUATRE JOURS D’ACTIONS SOLIDAIRES DE LA CUD
Du 7 au 10 octobre 2026, la Communauté urbaine de Douala a multiplié les initiatives en faveur des personnes atteintes de maladies mentales et errantes. Au menu : assistance aux familles, soutien aux patients hospitalisés, échanges avec les spécialistes et sensibilisation populaire.

Derrière les troubles mentaux, des familles éprouvées, des dépenses médicales difficiles à supporter et des parcours de vie à reconstruire. Face à cette réalité, la Communauté urbaine de Douala (CUD) a placé la solidarité au cœur de la Semaine mondiale de la santé mentale, du 7 au 10 octobre 2026. Sous l’impulsion du maire de la ville, Dr Roger Mbassa Ndine, cette mobilisation entend conjuguer secours immédiat, accès aux soins et réinsertion sociale.
7 OCTOBRE : DES FAMILLES AU BOUT DE LEURS PEINES

Des denrées alimentaires, des produits d’hygiène et des bons de prise en charge médicamenteuse ont été remis à des familles accompagnant des personnes atteintes de maladies mentales et errantes (PAMME). Conduite par le Dr Olinga, directeur adjoint de la DESCV/CUD, cette opération a notamment permis d’apporter un soutien à quatre familles.
« Le premier message que le maire vous apporte, c’est un message de réconfort. C’est pour vous dire que vous n’êtes pas seuls », explique le représentant de la CUD.

Pour Mme Ngalle, mère de Jacqueline et Sandrine, l’assistance intervient après des années d’angoisse et de recherches de ses filles, parfois portées disparues pendant plusieurs jours. « Je remercie seulement Dieu qui a touché votre cœur », confie-t-elle. Les deux bénéficiaires s’engagent à poursuivre leur traitement grâce aux bons reçus.

Même émotion chez la mère de Maxime, confrontée depuis seize ans aux rechutes de son fils. « Je vois que je suis aussi quelqu’un grâce à vous », témoigne-t-elle. Au-delà du réconfort, ces aides contribuent à alléger les dépenses de santé qui fragilisent des ménages déjà éprouvés.
8 OCTOBRE : LES PATIENTS DE LAQUINTINIE À L’HONNEUR

La mobilisation s’est poursuivie à l’hôpital Laquintinie, auprès des patients pris en charge au service SESAME, avec des activités sportives et une remise de présents. Environ 45 patients hospitalisés ont bénéficié de cette attention. Une table de ping-pong a également été offerte pour favoriser leur épanouissement.

Pour la CUD, l’accompagnement ne saurait se limiter aux soins médicaux. Il doit aussi intégrer le bien-être, la dignité et le soutien moral des personnes hospitalisées.
9 OCTOBRE : LES SPÉCIALISTES INTERPELLENT

À la salle des fêtes d’Akwa, une table ronde a permis d’aborder les défis de la santé mentale et de l’inclusion sociale. Le Pr Njiengwe Erero, psychopathologue, a notamment insisté sur le déficit de professionnels spécialisés et la nécessité de renforcer la prévention et le suivi thérapeutique.

« Tous ces troubles sont identifiables, on peut les évaluer, les diagnostiquer et les traiter », souligne-t-il, plaidant pour le renforcement des ressources humaines dans ce domaine.
En réponse à ces besoins, la CUD envisage, selon le Dr Olinga, porte-parole du maire de la ville, Dr. Roger MBASSA NADINE, de doubler ou tripler la capacité d’accueil du service de santé mentale de l’hôpital Laquintinie. À plus long terme, six hectares ont été sécurisés à Bonangando pour la construction d’un centre multifonctionnel dédié aux soins et à la réinsertion sociale et professionnelle.
10 OCTOBRE : SENSIBILISER POUR BRISER LES PRÉJUGÉS
La danse sportive au Parcours Vita et une caravane mobile de sensibilisation dans les arrondissements de Douala Ier et de Douala Ve ont marqué la clôture des activités. L’objectif : rapprocher l’information des populations et combattre la stigmatisation.
« La maladie mentale n’est pas une fatalité », rappelle Mme Maffo, qui invite les familles à accompagner les patients et à favoriser la continuité des traitements.
Engagée depuis 2023, la CUD entend ainsi inscrire son action dans la durée. Entre assistance sociale, accès aux médicaments et projets d’infrastructures spécialisées, l’enjeu est désormais de consolider les mécanismes de prise en charge et de réduire le poids économique supporté par les familles.
Une ambition : faire de Douala une ville plus inclusive, où la vulnérabilité ne rime plus avec abandon.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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