Cameroun : un abattoir industriel à Maroua pour relancer la filière viande
Nouvelle offensive économique du gouvernement camerounais dans l’Extrême-Nord. Le président de la République, Paul Biya, a autorisé la mobilisation d’un financement de 15,9 millions d’euros auprès de Deutsche Bank Espagne pour la construction d’un abattoir industriel à Maroua, une infrastructure appelée à devenir l’un des maillons clés de la transformation agro-industrielle du pays.
Dans une région où l’élevage représente un pilier économique majeur, le projet intervient à un moment critique pour la filière bovine nationale. La production de viande connaît en effet un net recul, passant de 94 300 tonnes en 2024 à moins de 69 000 tonnes en 2025, selon les chiffres officiels. Une contraction qui exerce une pression croissante sur les marchés urbains et sur les revenus des milliers d’éleveurs de la partie septentrionale du pays.
Face à cette situation, Yaoundé veut accélérer l’industrialisation de la chaîne bétail-viande. Le futur abattoir de Maroua devrait intégrer des équipements modernes d’abattage, de conservation et de réfrigération afin d’améliorer les normes sanitaires, limiter les pertes post-production et renforcer la disponibilité de la viande sur les marchés camerounais et sous-régionaux.
Au-delà de l’aspect industriel, le projet revêt une dimension hautement stratégique pour l’économie de la CEMAC. Située à proximité des grands couloirs commerciaux reliant le Nigeria, le Tchad et le nord du Cameroun, Maroua pourrait progressivement s’imposer comme une plateforme régionale du commerce de bétail et des produits carnés.
Le gouvernement espère également que cette infrastructure favorisera la création d’emplois dans les secteurs du transport frigorifique, de la logistique, de la transformation agroalimentaire et des services vétérinaires, dans une région confrontée à une forte vulnérabilité économique et sécuritaire.
Ce nouveau chantier s’inscrit dans la continuité du programme national de modernisation des équipements d’abattage lancé depuis plusieurs années. Après les infrastructures industrielles de Yaoundé et de Ngaoundéré, les autorités envisagent désormais de renforcer le maillage national avec de futurs abattoirs à Douala, Kribi, Ebolowa et Bamenda.
À travers cette stratégie, le Cameroun cherche à réduire sa dépendance aux circuits informels, améliorer la compétitivité de la viande locale et bâtir une véritable industrie agro-pastorale capable de soutenir la croissance et la sécurité alimentaire en Afrique centrale.
Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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