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Gabon : 203 milliards FCFA pour sauver le Transgabonais, pilier stratégique du corridor minier d’Afrique centrale

Le Gabon lance l’une des plus importantes opérations de réhabilitation ferroviaire de son histoire récente. Face à la multiplication des déraillements et aux perturbations logistiques qui fragilisent l’économie nationale depuis plusieurs années, Libreville vient d’obtenir un financement international massif destiné à remettre à niveau le Transgabonais, infrastructure vitale pour l’exploitation minière et le commerce extérieur du pays.

Le gouvernement gabonais a validé un prêt de 173 millions d’euros octroyé par l’Agence française de développement, complété par une subvention de 30 millions d’euros de l’Union européenne. L’enveloppe globale, estimée à plus de 203 milliards FCFA, servira à moderniser cette ligne ferroviaire stratégique reliant le port d’Owendo aux zones minières du Haut-Ogooué.

Considéré comme la colonne vertébrale de l’économie gabonaise, le Transgabonais transporte l’essentiel des exportations de manganèse, de bois et de minerais vers les marchés internationaux. Mais le vieillissement des installations, certaines datant de la fin des années 1970, a progressivement transformé cette infrastructure en véritable goulot d’étranglement économique.

Les travaux annoncés sont d’une ampleur inédite : renouvellement de 270 kilomètres de voies ferrées, remplacement des traverses et aiguillages, création de 40 kilomètres de voies de dépassement, sécurisation des passages ferroviaires, acquisition de nouveaux trains et modernisation des gares d’Owendo et de Franceville.

À travers ce chantier, le Gabon cherche à restaurer la confiance des investisseurs et à renforcer sa compétitivité logistique dans un contexte de forte pression sur les marchés des matières premières. Les autorités ambitionnent désormais de multiplier par plus de deux les capacités de transport ferroviaire, avec un objectif de 21 millions de tonnes de fret par an à l’horizon 2029, contre environ 9 millions actuellement.

Cette montée en puissance pourrait repositionner le pays comme un acteur incontournable du transport minier en Afrique centrale. Car au-delà du Gabon, c’est toute la dynamique logistique sous-régionale qui est concernée. Dans une Cemac en quête de corridors fiables pour soutenir l’industrialisation et les exportations, la modernisation du Transgabonais apparaît comme un signal fort envoyé aux partenaires économiques internationaux.

Pour Libreville, l’enjeu dépasse désormais la simple réhabilitation ferroviaire. Il s’agit d’un pari stratégique sur la croissance, la souveraineté logistique et la sécurisation des recettes minières, dans une économie où le rail reste l’un des principaux moteurs de création de valeur.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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