Guerre au Moyen-Orient : la livre égyptienne s’effondre face à la fuite des capitaux
La pression s’accentue sur l’économie égyptienne. Dimanche, la livre égyptienne a franchi un seuil symbolique en chutant pour la première fois sous la barre des 52 livres pour un dollar américain dans les échanges officiels, atteignant ainsi son niveau le plus faible jamais enregistré.
Dans les principales banques du Caire, notamment Abu Dhabi Islamic Bank, Bank of Alexandria et Banque Misr, le billet vert s’échangeait autour de 52,15 livres à l’achat et 52,25 livres à la vente, traduisant une dépréciation d’environ 4,3 % en une seule journée. Cette brusque chute reflète la nervosité des marchés face aux tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient.
Selon plusieurs analystes financiers, l’escalade du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a ravivé l’aversion au risque chez les investisseurs internationaux. Résultat : un retrait accéléré des capitaux étrangers des marchés obligataires égyptiens au cours de la semaine écoulée. Les premières estimations évoquent des sorties de fonds comprises entre 2 et 5 milliards de dollars, principalement issues des bons du Trésor et obligations locales, jusque-là très prisés pour leurs rendements élevés.
Cette nouvelle secousse intervient dans un contexte économique déjà fragile. Au début de l’année 2024, la crise de devises avait propulsé le dollar jusqu’à 70 livres sur le marché noir, alors que le taux officiel était maintenu autour de 30 livres par les autorités.e
La situation avait toutefois commencé à se stabiliser après l’accord conclu avec le Fonds monétaire international, qui avait conduit à l’unification des taux de change officiels et parallèles et à un niveau proche de 50 livres pour un dollar.
La récente chute de la monnaie nationale remet néanmoins en lumière la vulnérabilité de l’économie égyptienne face aux chocs externes et aux mouvements de capitaux internationaux, dans un contexte régional marqué par de fortes incertitudes. Pour les autorités du Caire, le défi sera désormais de rassurer les investisseurs et préserver les réserves en devises, afin d’éviter une nouvelle spirale inflationniste.
Afric-eco/Yvan Teddy TEMSON


