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Gaz naturel : l’Afrique accélère sa transition énergétique et renforce son poids dans l’économie mondiale

Le gaz naturel s’impose davantage comme le moteur silencieux de la transformation énergétique africaine. Selon le rapport annuel 2026 du Gas Exporting Countries Forum, la consommation africaine de gaz naturel a progressé de 4 % en 2025 pour atteindre 185 milliards de mètres cubes, confirmant l’émergence du continent comme nouveau pôle stratégique de la demande énergétique mondiale.

Cette dynamique intervient dans un contexte où près de 600 millions d’Africains restent privés d’électricité et plus d’un milliard de personnes dépendent encore de modes de cuisson rudimentaires. Face à cette urgence énergétique, plusieurs États africains misent désormais sur le gaz naturel comme levier d’industrialisation, de sécurité énergétique et de croissance inclusive.

L’Afrique du Nord demeure l’épicentre de cette montée en puissance, portée par Algérie et Égypte, qui concentrent l’essentiel de la demande continentale. Mais en Afrique subsaharienne, le mouvement s’accélère également. Nigeria multiplie les investissements dans la production électrique et les engrais, tandis que de nouveaux marchés importateurs de GNL renforcent leurs infrastructures de regazéification afin d’améliorer l’accès à l’énergie.

Le rapport souligne que le secteur électrique reste le principal moteur de cette croissance. L’explosion démographique, l’urbanisation rapide et la pression sur les réseaux nationaux poussent les gouvernements à intégrer davantage le gaz dans leur mix énergétique. Dans plusieurs pays, cette ressource devient une solution intermédiaire stratégique entre les hydrocarbures classiques et les énergies renouvelables intermittentes.

Au-delà de l’électricité, la montée du gaz naturel soutient désormais l’industrialisation régionale. Les industries pétrochimiques et la production d’engrais gagnent en compétitivité, notamment en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Le Nigeria, fort de ses importantes réserves, consolide sa stratégie de transformation locale afin de stimuler la productivité agricole et les exportations manufacturières.

Sur le plan sous-régional, l’entrée en exploitation du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim marque un tournant majeur pour l’Afrique de l’Ouest. Situé à la frontière maritime entre Sénégal et Mauritanie, ce projet renforce la place du bassin ouest-africain dans les échanges énergétiques mondiaux et ouvre la voie à une nouvelle diplomatie économique fondée sur les ressources gazières.

Dans le même temps, la production africaine de gaz a progressé de 2,5 % en 2025 pour atteindre 262 milliards de mètres cubes, soit 6,2 % de la production mondiale. Cette hausse permet au continent d’inverser la tendance baissière observée en 2024, malgré le recul enregistré en Égypte avec l’épuisement progressif du champ gazier Zohr.

À l’échelle mondiale, la consommation de gaz naturel a atteint 4217 milliards de mètres cubes en 2025. L’Afrique, encore loin derrière l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique, affiche toutefois l’un des potentiels de croissance les plus élevés au monde grâce à ses réserves inexploitées et à la forte demande énergétique régionale.

Pour 2026, le GECF prévoit une nouvelle hausse de la consommation africaine à 188 milliards de mètres cubes. Une progression plus modérée, mais qui confirme le rôle croissant du gaz naturel dans la stratégie énergétique du continent. Entre industrialisation, électrification et intégration économique régionale, l’Afrique semble désormais déterminée à transformer son potentiel gazier en véritable moteur de souveraineté économique.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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