1 155 milliards mobilisés : les Douanes camerounaises à l’épreuve de la compétitivité africaine

Les performances annoncées lors de la Soirée des partenaires des Douanes camerounaises interrogent désormais à l’échelle continentale.

Avec plus de 1 155 milliards de francs CFA mobilisés en 2025, l’administration douanière dirigée sous la tutelle du ministre Louis Paul Motaze s’inscrit dans une dynamique de modernisation. Mais comment le Cameroun se positionne-t-il face aux autres économies africaines engagées dans l’intégration régionale ?

Afrique de l’Est : la référence de l’intégration douanière

L’exemple le plus cité demeure celui de la Communauté d’Afrique de l’Est. Au sein de cette organisation, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont instauré un guichet unique douanier et une interconnexion quasi complète des systèmes. Le port de Port de Mombasa sert de plateforme logistique régionale avec des procédures harmonisées.

Résultat :

délais de transit réduits ;

hausse du commerce intra-régional ;

attractivité accrue pour les investisseurs.

Comparé à ce modèle, l’espace CEMAC reste en retard, notamment en matière d’interconnexion numérique et de mutualisation des recettes.

Afrique de l’Ouest : la concurrence logistique

En Afrique de l’Ouest, des pays comme la Côte d’Ivoire et le Togo ont développé des stratégies agressives de hub logistique. Le Port autonome d’Abidjan et le Port de Lomé sont devenus des portes d’entrée pour les pays sahéliens.

Ces États ont misé sur :

la digitalisation des procédures ;

la réduction des coûts portuaires ;

la facilitation du transit vers le Burkina Faso, le Niger ou le Mali.

Le Cameroun, avec le Port autonome de Douala et le Port de Kribi, ambitionne un rôle similaire pour le Tchad et la République centrafricaine. Toutefois, la concurrence régionale se renforce, notamment avec les corridors ouest-africains plus fluides.

Afrique australe : la puissance des infrastructures

L’Afrique du Sud constitue un autre modèle. Grâce au Port de Durban et à des corridors ferroviaires performants, elle domine le commerce régional en Afrique australe. La coordination entre douanes, transport et industrie a permis d’intégrer les chaînes de valeur.

Pour le Cameroun, l’enjeu est comparable :

connecter les ports aux zones industrielles ;

améliorer les routes et les voies ferrées ;

renforcer les zones économiques spéciales.

Un avantage stratégique pour le Cameroun

Malgré les défis, le Cameroun dispose d’atouts majeurs :

première économie de la CEMAC ;

position géographique centrale ;

accès maritime pour plusieurs pays enclavés ;

potentiel du port en eau profonde de Kribi.

Si la modernisation douanière s’accompagne d’une interconnexion régionale, le pays pourrait devenir le principal hub logistique d’Afrique centrale.

Le défi de la compétitivité

Cependant, plusieurs facteurs déterminent la réussite :

réduction des délais et des coûts logistiques ;

lutte contre la corruption et les barrières non tarifaires ;

harmonisation des procédures au sein de la CEMAC ;

stabilité réglementaire pour rassurer les investisseurs.

Dans un contexte de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, la compétition entre hubs logistiques africains s’intensifie. Le Cameroun joue donc une carte stratégique : transformer ses performances douanières en leadership régional durable.

Afric-eco/Nathalie MENGANTA

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