Nouvel ordre économique : Yaoundé au centre des négociations décisives

Dans un contexte international marqué par de profondes turbulences, la capitale camerounaise accueille depuis Jeudi 26 Mars, un sommet décisif de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), réunissant près de 4 000 délégués venus des quatre coins du globe. Pendant quatre jours, ces acteurs majeurs du commerce international tenteront de poser les bases d’un système rénové, capable de résister aux chocs économiques et géopolitiques contemporains.

Dès l’ouverture des travaux, la directrice générale de l’institution, Ngozi Okonjo-Iweala, a donné le ton avec une déclaration sans ambiguïté : l’ordre économique mondial d’hier appartient désormais au passé. Face aux mutations profondes, elle appelle à une refondation pragmatique du système commercial multilatéral, fondée sur un équilibre entre continuité et réforme.

Un commerce mondial sous pression

L’urgence de cette rencontre s’explique par une accumulation de crises qui fragilisent les échanges internationaux. Les tensions persistantes entre les États-Unis, l’Iran et Israël font planer le spectre d’une crise pétrolière mondiale. Une telle éventualité pourrait provoquer une flambée des coûts de transport et perturber davantage des chaînes d’approvisionnement déjà mises à rude épreuve.

À cela s’ajoutent les séquelles de la pandémie de Covid-19 et les conséquences durables de la guerre en Ukraine, qui ont profondément désorganisé les flux commerciaux et accentué les déséquilibres entre économies.

Des divergences structurelles persistantes

Au cœur des discussions figurent des désaccords majeurs entre pays développés et pays en développement. Les questions des subventions agricoles, jugées inéquitables par les économies du Sud, et la régulation du commerce numérique cristallisent les tensions. Ces divergences illustrent la difficulté à concilier intérêts nationaux et exigences d’un cadre multilatéral équitable.

Dans ce contexte, l’OMC apparaît fragilisée, confrontée à une remise en question de ses mécanismes traditionnels de régulation, jugés inadaptés aux réalités actuelles.

Yaoundé, théâtre d’une refondation stratégique

Le sommet de Yaoundé se veut ainsi celui de la dernière chance. Les participants ambitionnent de moderniser les textes fondateurs de l’institution, aujourd’hui dépassés par des enjeux nouveaux tels que la transition climatique, la transformation numérique et la réduction des inégalités économiques.

Au-delà des discours, l’enjeu est de taille : restaurer la crédibilité du système commercial multilatéral et éviter une fragmentation accrue de l’économie mondiale en blocs concurrents.

Dans une conjoncture où chaque décision peut avoir des répercussions globales, les regards sont désormais tournés vers Yaoundé. De l’issue de ces négociations dépendra, en grande partie, la capacité du commerce international à redevenir un moteur de croissance inclusive et durable.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA

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