Finances locales : la Communauté Urbaine de Douala valide un exercice 2025 sous contrainte, mais en légère progression

Le Palais de la culture Sawa a servi de cadre, jeudi 26 mars, à la session ordinaire du conseil de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), consacrée à l’examen et à l’adoption des comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025. Un rendez-vous budgétaire stratégique, au cœur des enjeux de gouvernance financière et de performance des collectivités territoriales décentralisées.

Sous la contrôle de Sylyac Marie Mvogo, préfet du Wouri, représentant de l’État, les travaux ont permis de dresser un état des lieux contrasté de la gestion municipale dans un contexte marqué par la volatilité de l’économie mondiale et ses répercussions sur les finances locales.

Une mobilisation des recettes en légère hausse

À l’issue des délibérations, le maire de la ville a dressé un bilan globalement satisfaisant. Malgré une conjoncture peu favorable, la CUD a enregistré une progression modérée de ses recettes, traduisant une résilience relative de l’assiette fiscale locale et des efforts accrus de mobilisation des ressources internes.

« Nous avons connu des difficultés liées à l’environnement économique national et international, mais nous sommes parvenus à améliorer légèrement nos recettes », a-t-il indiqué, tout en soulignant que cette performance reste en deçà du potentiel réel de la métropole économique.

Des contraintes structurelles persistantes

Le principal point de fragilité demeure, selon l’exécutif municipal, la gestion des engagements de dépenses. Celle-ci reste fortement contrainte par un déséquilibre structurel entre les missions assignées à la ville et les moyens disponibles.

Faiblesse des effectifs, insuffisance des ressources financières et pression croissante sur les services urbains constituent autant de facteurs limitant l’efficacité de l’action publique locale. Pour y remédier, la municipalité envisage un renforcement des capacités humaines et une intensification des partenariats public-privé, notamment dans les domaines de la fiscalité locale et de l’investissement urbain.

L’État salue une gouvernance globalement maîtrisée

Prenant la parole, le préfet du Wouri a salué « le travail titanesque » accompli par les services de la CUD, relevant que, malgré les turbulences économiques, l’institution fonctionne de manière régulière et conforme aux exigences de gestion publique.

Satisfait des résultats présentés, il a néanmoins pris acte de certaines doléances, en particulier celles liées aux lenteurs dans l’approbation de certaines délibérations. À cet effet, un comité technique conjoint sera mis en place afin d’examiner les points de divergence et d’accélérer les procédures administratives.

Décentralisation et performance territoriale en ligne de mire

Cette session s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du processus de décentralisation, érigé en levier stratégique de développement par les pouvoirs publics. Le représentant de l’État a réaffirmé la nécessité d’une collaboration étroite entre autorités administratives et exécutifs locaux pour optimiser la gouvernance territoriale.

Dans une métropole en pleine expansion comme Douala, la soutenabilité des finances locales apparaît plus que jamais comme un impératif. Entre exigences de modernisation urbaine et contraintes budgétaires, la Communauté Urbaine devra capitaliser sur ses acquis tout en accélérant les réformes structurelles, afin de renforcer son rôle moteur dans la croissance économique nationale.

Afric-eco/Etienne MONTHE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *