Economie

Port de Douala-Bonabéri : la transformation portuaire à l’épreuve de l’investissement

En visite au Port autonome de Douala le 21 octobre 2026, l’ambassadeur de France, Sylvain Riquier, a pris connaissance des ambitions de développement de la principale plateforme portuaire camerounaise. En ligne de mire : les projets structurants, l’extension vers Manoka et les opportunités de coopération économique, sur fond d’enjeux logistiques pour l’Afrique centrale.

Le Port de Douala-Bonabéri veut franchir un cap. Depuis 2016, sa trajectoire de transformation vise à renforcer les capacités de la première porte maritime du Cameroun, dont la performance conditionne une partie des échanges commerciaux nationaux et du transit vers les économies enclavées de la sous-région. C’est dans ce contexte que l’ambassadeur de France au Cameroun, Sylvain Riquier, a effectué, le 21 octobre 2026, une visite de travail au Port autonome de Douala (PAD), accompagné d’Anne Brouard, du service économique de l’ambassade. Il a été accueilli par le directeur général adjoint du PAD, Charles Michaux Moukoko Njoh.

La compétitivité au cœur du chantier

Après un entretien bilatéral, les deux responsables ont coprésidé une séance de travail consacrée à la stratégie portuaire, à l’attractivité de la plateforme et aux perspectives d’investissement. La présentation du Schéma directeur de développement du Port de Douala-Bonabéri 2020-2050 a servi de cadre aux échanges sur les projets en cours et les axes de coopération avec les acteurs institutionnels et économiques français.

L’enjeu est économique autant qu’infrastructurel. La performance d’un port se mesure notamment à la fluidité du passage des marchandises, aux délais de traitement, aux coûts logistiques et à la fiabilité des connexions avec l’arrière-pays. Des gains sur ces indicateurs peuvent réduire les coûts supportés par les importateurs et exportateurs, améliorer la compétitivité des entreprises et consolider l’attractivité du corridor desservant le Tchad et la République centrafricaine.

Manoka, levier potentiel de croissance

Le projet d’extension du port vers l’île de Manoka a particulièrement retenu l’attention du diplomate français. S’il se concrétise, ce développement pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de capacité et de spécialisation portuaire. Sa portée économique dépendra toutefois des études techniques, du modèle de financement, de la desserte terrestre et maritime, ainsi que de la rentabilité des infrastructures envisagées.

Pour les investisseurs, les débouchés potentiels concernent notamment les équipements de manutention, l’ingénierie, les services logistiques, la maintenance, la numérisation des opérations et les solutions énergétiques. Autant de segments susceptibles de mobiliser des partenariats public-privé ou des financements spécialisés, sous réserve de projets bancables et de conditions contractuelles clairement établies.

De l’intérêt diplomatique aux capitaux

« Cette première rencontre constitue une occasion privilégiée d’engager avec vous un dialogue que nous souhaitons confiant, ouvert et constructif », a déclaré Charles Michaux Moukoko Njoh.

La visite s’est achevée par une tournée des installations et des chantiers structurants. Aucun engagement financier précis n’a été annoncé à l’issue de la rencontre. Mais le signal est stratégique : dans une région où les coûts de transport pèsent sur les échanges, la modernisation de Douala-Bonabéri peut renforcer la position logistique du Cameroun. Le défi du PAD est désormais de convertir son programme de transformation en capacités opérationnelles, en gains mesurables de productivité et en investissements capables de produire des retombées durables pour l’économie nationale et sous-régionale.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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