FONDS ROUTIER : 21,16 MILLIARDS DE FCFA POUR LES ROUTES RÉGIONALES, LE DÉFI DE L’EXÉCUTION
Jeudi 8 octobre 2026 à Douala, l’administrateur du Fonds routier, Aubin Essaie Moussa, mise sur le renforcement des capacités des exécutifs régionaux pour améliorer la programmation des travaux, sécuriser les financements et accélérer l’entretien du réseau routier.
Le Fonds routier passe à l’offensive sur le terrain de l’efficacité budgétaire. Face aux insuffisances relevées dans la passation des marchés et l’exécution des projets d’entretien routier, l’institution a réuni les présidents des Conseils régionaux, les présidents des Conseils exécutifs régionaux ainsi que les responsables des services centraux et déconcentrés des ministères ordonnateurs autour d’un enjeu stratégique : mieux maîtriser les procédures de financement pour transformer les ressources mobilisées en infrastructures opérationnelles.
Au cœur de cette démarche, une enveloppe de 21,162 milliards de FCFA mobilisée entre 2023 et 2026, ayant permis de financer l’entretien de 2 449,92 kilomètres de routes régionales et de 236 mètres linéaires d’ouvrages d’art. Mais au-delà des montants engagés, le défi reste celui de la qualité de la dépense et de la capacité des maîtres d’ouvrage à conduire leurs projets dans les règles et les délais requis.
« Le chef de l’État a réformé le Fonds routier le 10 juillet 2025. Les présidents des Conseils régionaux deviennent désormais des ordonnateurs du Fonds routier », explique Aubin Essaie Moussa, administrateur de l’institution. Cette évolution leur confère une responsabilité accrue : définir les priorités, maturer les projets, solliciter les financements et conduire les procédures de passation des marchés.
La maîtrise des procédures, condition d’accès aux financements
Le message de l’administrateur est sans ambiguïté : la disponibilité des ressources ne suffit pas. Encore faut-il disposer de dossiers techniquement suffisamment mûrs et respecter les exigences administratives, contractuelles et financières. « Plus le maître d’ouvrage […] mature suffisamment des dossiers, plus il recevra des financements », souligne-t-il.
L’atelier inscrit au programme d’activités 2026 vise ainsi à corriger les insuffisances récurrentes observées lors de l’examen des projets de contrats et du traitement des décomptes. Cinq modules structurent les travaux : compétences transférées et cahiers des charges, élaboration des programmes d’entretien, transfert des compétences aux collectivités territoriales décentralisées, passation et exécution des marchés, puis procédures et chaîne de paiement.
Le Guide technique à l’usage des intervenants du Fonds routier constitue le référentiel central de cette mise à niveau. L’objectif est de fluidifier les interactions entre acteurs, de limiter les retards de traitement et d’améliorer la traçabilité de la dépense publique.
Un enjeu économique qui dépasse les frontières régionales
Pour Aubin Essaie Moussa, l’enjeu est aussi territorial. « Les tronçons régionaux relient les routes communales aux routes nationales. C’est un maillon important du réseau routier », rappelle-t-il.
L’entretien de ces axes conditionne la circulation des personnes et des marchandises, l’accès aux marchés et la connexion des bassins de production aux grands corridors de transport. Une meilleure exécution des budgets régionaux peut donc soutenir les échanges interrégionaux et, à terme, renforcer l’intégration économique sous-régionale.
Reste désormais à convertir cette montée en compétences en résultats mesurables : des projets mieux préparés, des marchés exécutés plus efficacement et des routes durablement praticables. Pour le Fonds routier, la performance du financement se jouera autant dans la rigueur des procédures que sur le terrain.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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