SANTÉ MENTALE : LA CUD INVESTIT DANS L’HUMAIN ET LA RÉINSERTION
La solidarité urbaine change de visage. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, la Communauté urbaine de Douala (CUD) a déployé une caravane d’appui auprès de familles confrontées à la maladie mentale, Mercredi 7 octobre 2026.
Denrées alimentaires, produits de première nécessité et bons de traitement : derrière ces gestes sociaux, une ambition économique se dessine, celle de préserver des vies, soutenir les familles et favoriser le retour des personnes vulnérables dans le circuit social et productif.

Sous l’impulsion du maire de la ville, Dr Roger MBASSA NADINE, la caravane, conduite par Dr Olinga, Directeur adjoint DESCV/CUD, est allée à la rencontre de plusieurs familles. Chez Maxime, Valère, Jacqueline et Sandrine, l’émotion était palpable.
« Le maire de la ville a pensé à ceux à qui, en général, on ne pense pas », souligne Dr Olinga. Pour lui, la maladie mentale ne doit pas signifier la fin de toute contribution à la société. « S’ils sont dans cet état, ce n’est pas la fin pour eux. Il y a un espoir », insiste-t-il.
L’appui matériel prend ici une dimension sanitaire et économique. Les bons de médicaments remis aux familles, prescrits sur la base des ordonnances de l’hôpital Laquintinie, doivent permettre d’assurer la continuité des soins. Pour certaines familles, le coût du traitement constitue en effet un obstacle majeur à la stabilisation des patients.

Chez Valère, le voisinage témoigne : « Quand l’enfant n’a pas de médicaments, il fait des crises et des rechutes. » Son père, visiblement ému, salue une action qui soulage une famille éprouvée : « Je souffre avec cet enfant depuis longtemps. […] La Communauté urbaine est déjà venue plusieurs fois. »

Même constat chez Maman Ngalle, mère de Jacqueline et Sandrine. Entre fugues, recherches et hospitalisations, cette mère dit avoir vécu une épreuve financière et humaine considérable. « Je remercie Monsieur le Maire de la ville […] d’apprécier les pauvres comme nous », témoigne-t-elle.
Au-delà de l’assistance ponctuelle, la CUD inscrit cette démarche dans une politique plus large. Depuis 2023, elle porte le projet PAMME, destiné à construire et équiper un centre multifonctionnel consacré à la prise en charge, aux soins et à la réinsertion des personnes atteintes de maladies mentales, notamment celles errant dans les rues de Douala.
L’objectif est clair : sortir progressivement ces personnes de l’espace public, assurer leur suivi psycho-médical et créer les conditions de leur réinsertion familiale, sociale et, à terme, économique.
Pour Mme Waffo, le message doit également changer dans la société : « La maladie mentale n’est pas une fatalité. C’est une maladie comme toute autre maladie. » Elle cite le cas de Bélinga, aujourd’hui en Master et stabilisé grâce à son accompagnement.

Ainsi, derrière les sacs de riz, les produits de première nécessité et les bons de traitement, la CUD défend une conception plus globale de l’investissement social : soigner aujourd’hui pour redonner demain à la société des citoyens capables de retrouver leur autonomie et de participer au développement de Douala.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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