BVMAC-COSUMAF : la CEMAC passe à l’offensive pour sécuriser l’épargne
Réunis à Douala pour la Semaine internationale de l’investisseur, les régulateurs et opérateurs du marché financier ont placé la protection de l’épargne, l’éducation financière et le financement des PME au cœur de leur agenda. Face à la montée des arnaques numériques, des deepfakes et de la désinformation.

« Un investisseur doit être informé », insiste Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC. Pour lui, la première protection contre la volatilité et les fraudes reste la qualité de l’information. Les épargnants doivent vérifier l’identité des intermédiaires agréés et refuser de transmettre leurs données personnelles à des plateformes non identifiées. Les fraudeurs exploitent l’appétit des particuliers pour l’investissement.
Mais derrière la prévention des arnaques se joue une bataille plus stratégique : transformer l’épargne domestique en capital pour financer les économies de la sous-région.
Salvador Mengue, secrétaire général de la COSUMAF, pointe un déficit persistant de culture financière. « La population de la CEMAC se sent plus à l’aise en ayant son argent à la banque », observe-t-il. Le régulateur veut démocratiser l’accès aux actions et obligations, jusque dans les établissements scolaires et universitaires. L’objectif : faire de l’épargne des ménages un levier de financement des infrastructures, des États et des entreprises.
La BVMAC a assoupli ses conditions d’accès au marché, en supprimant certaines exigences liées aux exercices bénéficiaires et aux dividendes. Des entreprises disposant d’un projet solide peuvent désormais envisager une levée de fonds sur la base d’un business plan.
Pour Louis Banga Ntolo, les PME doivent aussi apprendre à partager leur capital. « Se financer par introduction en Bourse, c’est ouvrir son capital », rappelle-t-il, privilégiant un modèle moins dépendant de l’endettement.
Douala, première place économique de la CEMAC, apparaît comme le laboratoire naturel de cette transformation. Pourtant, selon Salvador Mengue, moins de 10 % de ses habitants sauraient où se trouve la BVMAC. Le défi est donc immense.
La COSUMAF entend poursuivre cette offensive dans plusieurs capitales. Après Douala, Bangui et Brazzaville sont ciblées. Le régulateur veut faire de l’éducation financière un outil d’intégration régionale.
L’enjeu dépasse la seule protection de l’épargnant : il s’agit de faire du marché financier de la CEMAC une véritable infrastructure de financement de la croissance.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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