Kribi : le Cameroun renforce son contrôle des flux maritimes vers l’hinterland sous-régional
Le Cameroun muscle son dispositif de pilotage des flux maritimes à destination de son marché et de son hinterland sous-régional. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC S.A.) et le Port autonome de Kribi (PAK) ont engagé, le 21 septembre 2026, une nouvelle étape dans l’interconnexion de leurs systèmes d’information. Derrière cette opération technique se profile un enjeu beaucoup plus large : mieux maîtriser les marchandises qui entrent par Kribi et renforcer la fluidité des corridors reliant le Cameroun aux marchés de la sous-région.
Réunis au siège du CNCC, les responsables des deux institutions ont travaillé sur l’interfaçage et l’échange de données entre leurs plateformes. La délégation du PAK était conduite par François Landry Ndjeng, chef du Département du Génie logiciel et de l’Intégration. Les travaux étaient présidés par Christine Flore Ngo Ndenga, chef de la Division des Systèmes d’information du CNCC, avec la participation d’Elvis Tsaguim, directeur des Opérations et des Projets, et de Claire Onana Takoutchop, directrice de l’Assistance aux Chargeurs.
Kribi, porte d’entrée vers l’hinterland
L’enjeu dépasse désormais la seule relation entre deux institutions camerounaises. La performance de Kribi se mesure aussi à sa capacité à servir efficacement les économies situées au-delà des frontières nationales. En améliorant la connaissance des cargaisons et leur traçabilité, l’interconnexion CNCC–PAK peut contribuer à sécuriser et fluidifier les chaînes logistiques qui relient la façade maritime camerounaise aux marchés intérieurs et aux pays de l’hinterland.
Pour les opérateurs économiques, une donnée mieux synchronisée signifie potentiellement moins de ruptures d’information entre les différents maillons de la chaîne, une meilleure anticipation des mouvements de marchandises et une capacité accrue à suivre les cargaisons jusqu’à leur prise en charge sur les corridors terrestres.
L’enjeu est particulièrement stratégique pour les économies sans accès direct à la mer, dont la compétitivité dépend de la fiabilité des corridors d’approvisionnement passant par les ports de la façade atlantique. Chaque gain de visibilité sur la marchandise peut ainsi se traduire par une meilleure maîtrise des délais, des coûts logistiques et des risques liés au transit.
La donnée devient un outil de souveraineté logistique
Le projet, issu de la convention entre le CNCC et le PAK, vise précisément à améliorer le contrôle des flux maritimes grâce au partage de l’information. Les deux partenaires ont également entrepris l’actualisation de cette convention afin de sécuriser le cadre de leur coopération et de finaliser la mutualisation des données.
Cette évolution intervient alors que les ports africains sont engagés dans une course à la digitalisation et à la fluidification des corridors. Pour le Cameroun, l’enjeu est donc double : renforcer la performance de Kribi sur le marché portuaire régional et mieux maîtriser les flux qui alimentent son hinterland.
À terme, l’ambition est de disposer d’une chaîne d’information plus cohérente entre l’arrivée des navires, le traitement des marchandises et leur acheminement vers les différents marchés. Une infrastructure numérique qui, si elle est pleinement opérationnalisée, pourrait faire de la donnée un nouveau levier de compétitivité pour les corridors camerounais.
À Kribi, la bataille logistique ne se joue donc plus uniquement sur les quais. Elle se joue aussi dans les systèmes d’information capables de savoir, en temps utile, quelle marchandise arrive, où elle va et comment elle circule.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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