Economie

Douala : la CUD veut sécuriser les investissements face au risque climatique

À Douala, l’évaluation environnementale change de statut. La Communauté urbaine veut en faire un outil de sécurisation de l’investissement et de maîtrise des coûts du développement urbain. C’est l’un des enjeux du 27e séminaire international du SEEAC, ouvert ce 22 septembre à Akwa.

Investir à Douala, mais avec moins de risques. C’est la logique qui se dégage de la rencontre internationale du Secrétariat pour l’évaluation environnementale en Afrique centrale (SEEAC), organisée du 22 au 25 septembre sous le haut patronage du maire de la ville, Dr Roger Mbassa Ndine.

Pour la Communauté urbaine de Douala (CUD), l’équation est désormais économique : comment continuer à construire, attirer les capitaux et développer les infrastructures tout en évitant que les risques environnementaux ne se transforment en surcoûts pour les entreprises et les finances publiques ?

La mairie veut agir en amont. « Pour avoir votre permis de construire, nous vous demandons une étude d’impact environnemental », explique le maire. Cette exigence constitue un premier filtre destiné à identifier les risques liés aux projets avant leur réalisation.

Routes, bâtiments, logements, équipements publics ou opérations immobilières : pour la CUD, mieux anticiper les risques doit permettre de réduire les dépenses correctives, les interruptions d’activité et la dégradation prématurée des infrastructures.

Le sujet est particulièrement sensible dans une métropole qui veut renforcer son statut de hub économique d’Afrique centrale. Les inondations récentes et la pression exercée sur les mangroves rappellent que la vulnérabilité environnementale peut rapidement devenir une vulnérabilité économique.

« Un des défis les plus importants que nous avons, c’est la préservation de la mangrove », souligne Dr Roger Mbassa Ndine. Pour la CUD, préserver ces espaces revient aussi à protéger les zones urbaines et les investissements exposés aux aléas hydrologiques.

Le SEEAC veut accompagner cette évolution. Son secrétaire exécutif, Dieudonné Bitondo, défend l’intégration de l’évaluation environnementale dans les politiques, plans, programmes et projets. « Il faut, dans tout ce que nous faisons, penser à l’environnement et au social », affirme-t-il.

Le secteur du développement bénéficie également de cette approche. Alain Ononino, directeur pays du WWF, indique que son organisation soumet ses projets à un cadre de sauvegarde environnementale et sociale.

Pour la CUD, l’enjeu est désormais de transformer cette expertise en décisions d’aménagement : renforcer l’analyse des projets à risque, intégrer la résilience dans les investissements municipaux, préserver les zones stratégiques et améliorer le suivi des mesures environnementales.

Cette stratégie place la mairie au cœur d’un enjeu sous-régional : réduire le risque attaché aux investissements urbains pour rendre les métropoles d’Afrique centrale plus attractives et plus résilientes.

À Douala, l’environnement n’est donc plus seulement une contrainte à intégrer au projet. Pour la CUD, il devient un paramètre de coût, de risque et de compétitivité.

Afric-eco/Etienne MONTHE
Contact média : WhatsApp (+237)674147515
Email : africeco@yahoo.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *