PAK Digital Meet : Kribi change de dimension dans la carte maritime africaine
À l’occasion de la deuxième édition du PAK Digital Meet, le Port autonome de Kribi a mis en avant une performance qui dépasse désormais les frontières camerounaises : sa progression spectaculaire dans la connectivité maritime mondiale. Un atout pour le Cameroun, mais aussi pour les économies enclavées de la sous-région.
Par la Rédaction centrale
KRIBI, le 11 Septembre 2026. Ce n’était pas qu’une rencontre avec les médias numériques. Pour sa deuxième édition, le PAK Digital Meet s’est transformé en véritable vitrine économique du Port autonome de Kribi. Une trentaine de journalistes et blogueurs venus de Douala, Yaoundé et Kribi ont été invités à découvrir, chiffres et visites de terrain à l’appui, les réalités d’un port dont l’impact dépasse désormais le seul marché camerounais.
Le chiffre est spectaculaire : 151e port mondial sur 925 dans l’indice de connectivité maritime de la CNUCED, au deuxième trimestre 2026. Kribi figure ainsi parmi les 17 % de ports les mieux connectés au monde. Son score atteint 172,8 points, contre 100 pour le port moyen mondial, soit une progression de 13,4 % sur un an.
Cette performance est d’autant plus significative que Kribi n’exploite commercialement ses installations que depuis 2018. En huit ans, le port est passé de la 512e à la 151e place mondiale.
Un port qui tire le Cameroun vers le haut
Le mouvement se reflète à l’échelle nationale. Le Cameroun gagne 6,7 % en un an dans le même indice et se classe au 53e rang sur 178 économies. Premier port camerounais de ce classement et première plateforme conteneurisée du pays, Kribi contribue directement à cette progression grâce à ses escales, ses services réguliers et ses liaisons directes.
Cinq armateurs internationaux y opèrent à travers six services réguliers, notamment vers l’Asie, l’Europe et le golfe de Guinée. En 2025, le port a enregistré 559 escales, contre 295 en 2018, et traité 555 398 EVP, en hausse de 19 %.
Pour l’économie, l’enjeu est concret : une liaison directe évite certains transbordements, réduit les ruptures de charge et peut raccourcir les délais et les coûts logistiques.
Le pari sous-régional
C’est ici que le PAK prend une dimension stratégique. L’arrière-pays de Kribi ne se limite plus au Cameroun. Les marchandises tchadiennes et centrafricaines qui transitent par le corridor camerounais peuvent bénéficier de cette connectivité maritime accrue.
À terme, l’ambition est de faire de Kribi une interface entre l’Atlantique et les économies de la CEMAC, en cohérence avec la dynamique d’intégration portée par la Zlecaf.
Mais cette ambition a une condition : le port doit être relié efficacement à son hinterland. La route Ebolowa-Akom II-Kribi, financée à hauteur de 138,23 milliards de F CFA, et le projet ferroviaire Édéa-Kribi-Lolabé-Campo pourraient renforcer cette fonction de corridor.
Le Digital Meet, du discours au terrain
C’est précisément cette réalité que le 2e PAK Digital Meet a voulu faire découvrir. Après les présentations des responsables du port, les professionnels des médias ont visité le terminal à conteneurs, le terminal polyvalent, le scanning, les remorqueurs et les installations logistiques.
Derrière les quais se dessine un projet beaucoup plus vaste : un hub industriel et logistique appelé à capter les flux du Cameroun et de la sous-région.
Le message porté par Patrice Melom et ses équipes est donc économique : Kribi ne cherche plus seulement à traiter davantage de conteneurs. Il veut devenir une infrastructure structurante des échanges de l’Afrique centrale.
Et si les corridors terrestres suivent la cadence maritime, le véritable effet de Kribi pourrait se mesurer bien au-delà de ses quais : dans les coûts logistiques, les investissements, les exportations et l’intégration économique de toute une sous-région.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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