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CEMAC : Douala sonne la contre-offensive logistique pour libérer les corridors d’Afrique centrale

Douala veut transformer les routes commerciales de la CEMAC en accélérateurs de croissance.

Réunis dans la capitale économique camerounaise à l’occasion du Forum sous-régional des acteurs du FRET, responsables gouvernementaux, diplomates, experts du transport, opérateurs logistiques et investisseurs ont engagé ce qui pourrait marquer un tournant dans la gouvernance des corridors transfrontaliers d’Afrique centrale. Derrière les discours, une ambition : faire de la fluidité du fret un puissant levier de compétitivité régionale.

Longtemps freinés par les lenteurs administratives, la multiplication des contrôles, les surcoûts logistiques et des infrastructures encore insuffisantes, les corridors Douala-N’Djamena, Douala-Bangui ou encore Douala-Brazzaville concentrent aujourd’hui les attentes des économies de la sous-région. Leur modernisation est désormais considérée comme une condition indispensable à la réussite de l’intégration économique de la CEMAC et à l’exploitation des opportunités offertes par la ZLECAf.

Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné par le professeur Vincent Ntuda Ebodé, dont la leçon inaugurale a replacée les corridors au cœur de la souveraineté économique africaine. Les cinq panels ont ensuite dessiné une véritable feuille de route : analyse statistique des coûts logistiques, suppression des goulets d’étranglement, digitalisation des procédures de transit, interopérabilité documentaire, déploiement de la lettre de voiture électronique (e-CMR), géolocalisation satellitaire des cargaisons et renforcement des guichets uniques inter-États.

La sécurité des axes de transport a également occupé une place stratégique. Les Forces de défense et de sécurité sont appelées à rationaliser les contrôles afin de garantir un double impératif : protéger les marchandises tout en réduisant les délais qui pénalisent encore les échanges commerciaux sous-régionaux.

Au-delà des réformes techniques, le forum a placé la question du financement au centre des débats. Les participants ont plaidé pour une mobilisation accrue des partenariats public-privé afin d’accélérer la construction de plateformes logistiques, d’aires de repos sécurisées et d’infrastructures critiques capables d’accompagner l’augmentation des flux commerciaux entre les États de la CEMAC.

El Hadj Oumarou, coordonnateur national du BGFT, a rappelé que cette deuxième édition s’inscrit dans le prolongement des mécanismes engagés lors du précédent forum. « Les innovations à vocation sous-régionale doivent permettre à l’Alliance africaine pour une gestion moderne et intelligente du fret et des corridors de s’imposer comme un levier incontournable du développement socio-économique », a-t-il affirmé. Saluant l’engagement du gouvernement camerounais, il a insisté sur la vocation stratégique de Douala comme porte d’entrée des économies enclavées d’Afrique centrale et appelé les acteurs du secteur à transformer les ambitions communautaires en résultats mesurables.

Le conclave des organismes de gestion du fret, consacré notamment au dossier AFRICAFRET, devrait déboucher sur des recommandations structurantes avant l’adoption de la très attendue Déclaration de Douala pour la fluidification des corridors. Ce texte est appelé à devenir une référence pour l’harmonisation des politiques de transport, la convergence des agendas de la CEMAC et de la CEEAC et la montée en puissance d’une logistique régionale plus performante.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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