Economie

SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL DE COMMUNAUTE : Douala rassure sur ses finances, mais alerte sur les limites de la réforme fiscale

À mi-parcours de l’exercice budgétaire 2026, la Communauté urbaine de Douala affiche des indicateurs financiers encourageants, tout en mettant en garde contre les effets de la réforme de la fiscalité locale sur l’autonomie des collectivités territoriales.

Réuni Jeudi 30 juillet 2026 au Foyer de la Culture Sawa à Douala, sous la présidence du maire de la ville, le Dr Roger Mbassa Ndine, et sous la supervision de Sylac Marie Mvogo, préfet du Wouri, le Conseil de Communauté a dressé un état des lieux qui conjugue satisfaction budgétaire, ambition urbaine et préoccupations institutionnelles.

Le principal enseignement de cette session ordinaire consacrée à l’évaluation de l’exécution du budget est sans équivoque : la capitale économique reste dans sa trajectoire financière. « Nous sommes sur la bonne voie », résume Roger Mbassa Ndine. À fin juin, près de 52 % des recettes prévisionnelles avaient déjà été mobilisées, un niveau d’exécution jugé conforme aux objectifs fixés en début d’année. Si les dépenses accusent encore un léger retard, notamment en matière d’ordonnancement et de paiement, l’exécutif municipal estime que ce décalage sera absorbé au cours des troisième et quatrième trimestres.

Au-delà des chiffres, le maire revendique les premiers effets visibles des investissements engagés ces dernières années. Modernisation des infrastructures, amélioration progressive du cadre de vie et transformation de l’espace urbain constituent, selon lui, les marqueurs d’une ville en pleine mutation. « Les conseillers eux-mêmes constatent l’ampleur des travaux. Douala se transforme et se modernise, même si beaucoup reste à faire », affirme-t-il.

Parmi les défis encore ouverts, la gestion des déchets demeure le plus sensible. Roger Mbassa Ndine reconnaît que les premiers résultats restent modestes, mais annonce une accélération des mesures dans les prochains mois. La municipalité prévoit notamment la mise en place de dispositifs de veille sur les principaux points de regroupement afin d’identifier et de sanctionner les auteurs de dépôts sauvages. Pour autant, l’édile refuse de réduire la question à la seule répression. « La vraie solution reste le changement de mentalité. La propreté de Douala est l’affaire de tous », insiste-t-il, appelant les habitants à faire de la citoyenneté un levier de gouvernance urbaine.

Sur le terrain des finances locales, le maire adopte un ton plus critique. S’il reconnaît que la récente réforme de la fiscalité locale a introduit plusieurs avancées, il estime que la centralisation de la collecte des recettes fragilise l’autonomie financière des collectivités territoriales décentralisées. « Douala résiste encore grâce à son poids économique, mais beaucoup de communes sont aujourd’hui au bord de l’asphyxie », prévient-il, appelant à un rééquilibrage qui permette aux collectivités de disposer des moyens nécessaires pour assumer pleinement leurs compétences.

À l’issue de cette évaluation de mi-parcours, Douala affiche donc une exécution budgétaire maîtrisée et revendique une dynamique de transformation urbaine. Reste désormais à convertir cette performance financière en résultats durables, dans un contexte où la gouvernance locale devra concilier discipline budgétaire, efficacité des services publics et préservation de l’autonomie des collectivités.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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