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Corridor Douala-N’Djamena : le BGFT accélère la révolution numérique du fret et ouvre la voie à une nouvelle ère du transport sous-régional

Réunis à Douala avec la Banque mondiale, transporteurs, transitaires et autorités saluent une avancée majeure dans la dématérialisation des procédures et la modernisation des corridors stratégiques d’Afrique centrale.

Douala, 12 juin 2026. Une étape décisive vient d’être franchie dans la modernisation du transport terrestre en Afrique centrale. Au siège du BGFT (Bureau de Gestion du Fret Terrestre), les acteurs de la chaîne logistique ont découvert les résultats du diagnostic stratégique conduit dans le cadre du Projet Corridor Douala-N’Djamena (PCDN), financé par la Banque mondiale.

Au cœur des échanges : la digitalisation des procédures de transit, la fluidification du transport international des marchandises et l’amélioration de la compétitivité économique des corridors reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine.

L’ambition est claire : réduire les délais, limiter les tracasseries administratives et renforcer la performance d’un corridor vital pour le commerce sous-régional.

Le BGFT en première ligne de la transformation numérique

Pour El Hadj Oumarou, président du BGFT, le diagnostic réalisé avec l’appui de la Banque mondiale confirme le rôle pionnier de son institution dans la modernisation du secteur.

« Le BGFT reste aujourd’hui la principale institution qui a engagé les actions concrètes attendues en matière de dématérialisation des procédures sur ce corridor stratégique », a-t-il affirmé.

Selon lui, l’étude a permis d’évaluer l’ensemble de la chaîne logistique, du cadre juridique aux opérations de terrain, en passant par les postes de contrôle, les procédures douanières et le niveau de digitalisation des différents acteurs.

Le responsable révèle que le projet affiche déjà un taux d’avancement d’environ 40 %, avec l’achèvement de la phase diagnostique et le lancement des intégrations technologiques destinées à renforcer la plateforme numérique de gestion du fret.

Des opportunités de « quick wins » ont également été identifiées pour produire rapidement des résultats mesurables en matière de performance logistique.

Une dématérialisation attendue depuis des années

Parmi les avancées les plus saluées figure la mise en place d’outils numériques destinés à assurer le suivi des marchandises et à automatiser plusieurs procédures administratives.

Pour M. Albert Etoundi, président d’un syndicat des transporteurs, cette évolution représente une véritable révolution.

« Beaucoup de choses ont été annoncées par le BGFT dans le suivi des marchandises, dans les procédures à adopter et dans la dématérialisation des procédures actuellement en place. C’est un outil très important qui permettra d’améliorer la fluidité du trafic entre le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique », souligne-t-il.

Le responsable estime notamment que ces innovations permettront d’accélérer les procédures de mainlevée des marchandises sous caution et de réduire les délais administratifs qui pénalisent les opérateurs économiques.

Même enthousiasme du côté de M. Raymond Moungang, représentant de l’Honorable Pierre Sime.

« Cette dématérialisation est quelque chose que nous attendions depuis belle lurette. Le transporteur vit de ses rotations. Plus les procédures sont rapides, plus il peut effectuer de voyages et améliorer sa rentabilité », explique-t-il.

Selon lui, la réduction des temps d’attente aux différentes étapes du corridor pourrait transformer durablement les conditions de travail des transporteurs.

Banque mondiale : cap sur la compétitivité régionale

Directeur exécutif du cabinet CERVO, chargé de l’étude diagnostique, M. Abdoullahi Faiuzi rappelle que l’objectif poursuivi par la Banque mondiale est d’améliorer durablement les performances du corridor Douala-N’Djamena.

« Les travaux réalisés permettront de décliner plusieurs activités connexes destinées à fluidifier davantage le corridor, notamment sur les aspects de digitalisation et de facilitation des échanges », a-t-il indiqué.

Les résultats présentés devant les transporteurs et transitaires serviront désormais de base aux futures interventions visant à réduire les coûts logistiques, renforcer la transparence et améliorer la circulation des marchandises entre les pays de la sous-région.

Des infrastructures routières au cœur de la performance économique

Si la digitalisation constitue le levier immédiat de transformation, les acteurs soulignent que la modernisation des infrastructures routières demeure indispensable pour atteindre les objectifs fixés.

La Banque mondiale a notamment confirmé l’engagement de financements importants pour plusieurs axes stratégiques, dont le corridor Édéa-Yaoundé-Garoua-Boulaï ainsi que la Nationale N°3 entre Douala et Yaoundé.

Pour El Hadj Oumarou, ces investissements lourds viendront compléter les efforts déjà engagés sur le numérique.

« Nous avons besoin que les infrastructures routières, les postes de pesage et les check-points soient modernisés pour accompagner les progrès réalisés dans la digitalisation », a-t-il plaidé.

Vers un corridor intelligent en Afrique centrale

Au-delà du Cameroun, les retombées attendues concernent l’ensemble des économies de la sous-région.

La fluidification du corridor Douala-N’Djamena représente un enjeu majeur pour l’approvisionnement du Tchad et de la République centrafricaine, deux pays fortement dépendants de l’accès au port de Douala.

Grâce à la numérisation des procédures, à l’interconnexion des acteurs et à l’amélioration progressive des infrastructures, le corridor pourrait devenir l’un des modèles de référence en matière de facilitation des échanges en Afrique centrale.

Pour les transporteurs comme pour les opérateurs économiques, le message est clair : la transformation numérique du fret terrestre n’est plus une perspective lointaine, mais une réalité en marche.

Et au cœur de cette mutation, le BGFT apparaît désormais comme l’un des principaux artisans de la modernisation des corridors stratégiques qui relient le Cameroun à son hinterland.

Une évolution qui pourrait redessiner durablement les flux commerciaux, renforcer l’intégration économique régionale et consolider la position du Cameroun comme hub logistique majeur de l’Afrique centrale.

Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA
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