COOPÉRATION CAMEROUN-MAROC
La Casablanca Finance City ouvre la voie à une offensive économique marocaine au Cameroun
Douala accueille une mission préparatoire au “CFC Africa Tour 2026”, avec en ligne de mire des investissements massifs dans l’agro-industrie, les infrastructures, l’énergie et les chaînes de valeur locales.
Douala, COOPÉRATION CAMEROUN-MAROC
La Casablanca Finance City ouvre la voie à une offensive économique marocaine au Cameroun
Douala accueille une mission stratégique préparatoire au “CFC Africa Tour 2026”, avec en ligne de mire des investissements massifs dans l’agro-industrie, les infrastructures, l’énergie et les chaînes de valeur locales.
Douala, 08 juin 2026.
La Salle des conférences de la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA) a servi, lundi dernier, de cadre à une importante séance de travail entre les responsables de la CCIMA et une délégation de la Casablanca Finance City (CFC), principal hub financier africain basé au Royaume du Maroc. Une rencontre à haute portée économique et diplomatique, organisée dans le cadre de la mission avancée de la CFC au Cameroun, en prélude au “CFC Africa Tour 2026”, prévu en novembre prochain.
Cette visite exploratoire, supervisée sous l’égide du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre Yaoundé et Rabat, avec pour ambition de positionner le Cameroun comme un pôle d’attraction des investissements marocains en Afrique centrale.
Une plateforme financière africaine tournée vers le Cameroun
Créée en 2010, la Casablanca Finance City s’est imposée comme une porte d’entrée des investissements internationaux vers l’Afrique. Son objectif : attirer les investissements directs étrangers, accompagner les entreprises africaines et promouvoir les innovations financières et technologiques sur le continent.
« Nous préparons une mission très importante en novembre. Nous allons ramener des entreprises basées à Casablanca Finance City pour venir investir dans plusieurs secteurs au Cameroun », a déclaré Hicham Chaoudri, Directeur des affaires institutionnelles et des partenaires africains de la CFC.
Selon les responsables marocains, cette mission exploratoire permettra d’identifier les secteurs prioritaires et les projets bancables susceptibles d’intéresser près de vingt-cinq entreprises marocaines attendues au Cameroun lors du “Africa Tour 2026”.
Agro-industrie, BTP, énergie : les secteurs ciblés
Les échanges ont principalement porté sur les opportunités de coopération dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’agro-industrie, des infrastructures, des mines, de la logistique, du transport, du tourisme durable, du pharmaceutique ainsi que des énergies alternatives.
Parmi les filières ciblées figurent notamment le palmier à huile, le riz, le maïs, les filières bovines et laitières, la transformation du cacao et du café, les équipements agricoles, les chaînes de froid, ou encore les matériaux de construction.
Pour KODJO Basile, président de la Section Artisanat de la CCIMA, cette coopération doit être perçue comme une opportunité stratégique et non comme une simple assistance extérieure.
« Nous ne les avons pas reçus comme des apporteurs de manne, mais comme des apporteurs de solutions. C’est à nous de nous mobiliser pour tirer le meilleur parti de cette offre de financement et de ce que propose Casablanca Finance City », a-t-il souligné.
Le responsable consulaire estime par ailleurs que le Cameroun pourrait capitaliser sur l’expérience marocaine dans les domaines des BTP, de l’industrialisation et de la structuration des financements.
Une coopération alignée sur la SND30
Au-delà des annonces, les discussions ont mis en lumière la volonté des autorités camerounaises d’arrimer cette coopération aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), notamment en matière de transformation structurelle de l’économie.
Le Coordonnateur national du Centre des Réseaux des Filières de Croissance (CRFC), Dr Yonga Bakalag Simon François, a insisté sur la nécessité de développer des projets matures et compétitifs.
« Nous voulons favoriser les économies circulaires afin de réduire les coûts de production et permettre aux produits “Made in Cameroon” de mieux concurrencer les importations », a-t-il expliqué.
Le responsable du CRFC cite notamment l’exemple du biogaz issu des déchets agro-industriels comme levier de compétitivité pour les entreprises camerounaises.
Vers des joint-ventures Cameroun-Maroc
L’un des objectifs majeurs de cette mission est la mise en place de partenariats structurants entre opérateurs économiques des deux pays. Les discussions portent déjà sur la prise de participation via des fonds marocains d’investissement, la signature de contrats commerciaux et le développement de joint-ventures avec des entreprises locales.
Dans cette perspective, la CCIMA a été invitée à mobiliser les entreprises camerounaises des secteurs prioritaires afin de participer à un webinaire prévu au cours de la deuxième semaine de juin avec la Chambre de Commerce de Rabat et plusieurs administrations camerounaises.
Une visite d’entreprise à la Société Camerounaise de Savonnerie de Douala-Bassa figurait également au programme de cette mission avancée.
Le Cameroun, futur hub sous-régional ?
Au regard des ambitions affichées, plusieurs observateurs voient dans cette initiative marocaine une volonté de faire du Cameroun une tête de pont économique pour l’Afrique centrale.
Après les rencontres organisées en marge du Salon International de l’Agriculture du Maroc (SIAM) à Meknès en avril dernier, cette nouvelle séquence diplomatique et économique confirme la montée en puissance des relations d’affaires entre les deux États.
Avec ses ressources agricoles, minières et énergétiques, son positionnement géographique stratégique et son marché ouvert sur la sous-région CEMAC, le Cameroun apparaît désormais comme une destination prioritaire pour les investisseurs marocains en quête d’expansion continentale.
Le rendez-vous de novembre 2026 pourrait ainsi constituer un tournant majeur dans la coopération économique Sud-Sud entre Yaoundé et Rabat.
La Salle des conférences de la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA) a servi, lundi 8 Juin 2026, de cadre à une importante séance de travail entre les responsables de la CCIMA et une délégation de la Casablanca Finance City (CFC), principal hub financier africain basé au Royaume du Maroc. Une rencontre à haute portée économique et diplomatique, organisée dans le cadre de la mission avancée de la CFC au Cameroun, en prélude au CFC Africa Tour 2026, prévu en novembre prochain.
Cette visite exploratoire, supervisée sous l’égide du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre Yaoundé et Rabat, avec pour ambition de positionner le Cameroun comme un pôle d’attraction des investissements marocains en Afrique centrale.
Une plateforme financière africaine tournée vers le Cameroun
Créée en 2010, la Casablanca Finance City s’est imposée comme une porte d’entrée des investissements internationaux vers l’Afrique. Son objectif : attirer les investissements directs étrangers, accompagner les entreprises africaines et promouvoir les innovations financières et technologiques sur le continent.
« Nous préparons une mission très importante en novembre. Nous allons ramener des entreprises basées à Casablanca Finance City pour venir investir dans plusieurs secteurs au Cameroun », a déclaré Hicham Chaoudri, Directeur des affaires institutionnelles et des partenaires africains de la CFC.
Selon les responsables marocains, cette mission exploratoire permettra d’identifier les secteurs prioritaires et les projets bancables susceptibles d’intéresser près de vingt-cinq entreprises marocaines attendues au Cameroun lors du “Africa Tour 2026”.
Agro-industrie, BTP, énergie : les secteurs ciblés
Les échanges ont principalement porté sur les opportunités de coopération dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’agro-industrie, des infrastructures, des mines, de la logistique, du transport, du tourisme durable, du pharmaceutique ainsi que des énergies alternatives.
Parmi les filières ciblées figurent notamment le palmier à huile, le riz, le maïs, les filières bovines et laitières, la transformation du cacao et du café, les équipements agricoles, les chaînes de froid, ou encore les matériaux de construction.
Pour KODJO Basile, président de la Section Artisanat de la CCIMA, cette coopération doit être perçue comme une opportunité stratégique et non comme une simple assistance extérieure.
« Nous ne les avons pas reçus comme des apporteurs de manne, mais comme des apporteurs de solutions. C’est à nous de nous mobiliser pour tirer le meilleur parti de cette offre de financement et de ce que propose Casablanca Finance City », a-t-il souligné.
Le responsable consulaire estime par ailleurs que le Cameroun pourrait capitaliser sur l’expérience marocaine dans les domaines des BTP, de l’industrialisation et de la structuration des financements.
Une coopération alignée sur la SND30
Au-delà des annonces, les discussions ont mis en lumière la volonté des autorités camerounaises d’arrimer cette coopération aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), notamment en matière de transformation structurelle de l’économie.
Le Coordonnateur national du Centre des Réseaux des Filières de Croissance (CRFC), Dr Yonga Bakalag Simon François, a insisté sur la nécessité de développer des projets matures et compétitifs.
« Nous voulons favoriser les économies circulaires afin de réduire les coûts de production et permettre aux produits “Made in Cameroon” de mieux concurrencer les importations », a-t-il expliqué.
Le responsable du CRFC cite notamment l’exemple du biogaz issu des déchets agro-industriels comme levier de compétitivité pour les entreprises camerounaises.
Vers des joint-ventures Cameroun-Maroc
L’un des objectifs majeurs de cette mission est la mise en place de partenariats structurants entre opérateurs économiques des deux pays. Les discussions portent déjà sur la prise de participation via des fonds marocains d’investissement, la signature de contrats commerciaux et le développement de joint-ventures avec des entreprises locales.
Dans cette perspective, la CCIMA a été invitée à mobiliser les entreprises camerounaises des secteurs prioritaires afin de participer à un webinaire prévu au cours de la deuxième semaine de juin avec la Chambre de Commerce de Rabat et plusieurs administrations camerounaises.
Une visite d’entreprise à la Société Camerounaise de Savonnerie de Douala-Bassa figurait également au programme de cette mission avancée.
Le Cameroun, futur hub sous-régional ?
Au regard des ambitions affichées, plusieurs observateurs voient dans cette initiative marocaine une volonté de faire du Cameroun une tête de pont économique pour l’Afrique centrale.
Après les rencontres organisées en marge du Salon International de l’Agriculture du Maroc (SIAM) à Meknès en avril dernier, cette nouvelle séquence diplomatique et économique confirme la montée en puissance des relations d’affaires entre les deux États.
Avec ses ressources agricoles, minières et énergétiques, son positionnement géographique stratégique et son marché ouvert sur la sous-région CEMAC, le Cameroun apparaît désormais comme une destination prioritaire pour les investisseurs marocains en quête d’expansion continentale.
Le rendez-vous de novembre 2026 pourrait ainsi constituer un tournant majeur dans la coopération économique Sud-Sud entre Yaoundé et Rabat.
. Afric-eco/Etienne MONTHE



