FINANCEMENT DES PME : LA CCIMA OUVRE UNE NOUVELLE ÈRE DU DIALOGUE ENTRE ENTREPRENEURS ET INVESTISSEURS
Le F2i Networking veut briser le mur qui sépare les PME des capitaux
Comment permettre aux petites et moyennes entreprises camerounaises d’accéder enfin aux financements nécessaires à leur croissance ? La question était au centre de la première édition du F2i Networking, organisée mardi 9 Juin 2026 à Douala par la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA) à travers sa plateforme F2i-Cameroun (Forum International des Investisseurs).
Dans la salle de conférences de la CCIMA à Bonanjo, investisseurs, établissements bancaires, fonds de garantie, structures d’accompagnement et promoteurs de projets se sont retrouvés autour d’une même ambition : construire des passerelles solides entre les porteurs d’idées et les détenteurs de capitaux.
L’événement intervient dans un contexte où le financement demeure l’un des principaux obstacles à la croissance des PME, pourtant considérées comme le moteur de la création d’emplois et de richesse au Cameroun.
La réponse de la CCIMA à un défi majeur
Pour M. Halidou Bello, Secrétaire général de la CCIMA, le constat est sans appel : les PME disposent souvent de projets innovants mais peinent à convaincre les financeurs.
« Le problème majeur aujourd’hui, c’est l’accès au financement. Nous avons donc créé le Forum International des Investisseurs afin de mettre autour d’une même table les porteurs de projets, les banques, les fonds d’investissement et les mécanismes de garantie », explique-t-il.
Après quatre éditions du Forum International des Investisseurs, l’institution consulaire a décidé de franchir une nouvelle étape en créant des rendez-vous réguliers de réseautage.

« Nous voulons maintenir un dialogue permanent entre les différents acteurs de l’écosystème. L’objectif est que les échanges ne s’arrêtent pas après un forum annuel mais se poursuivent tout au long de l’année », précise-t-il.
Une stratégie qui pourrait accélérer la maturation des projets et favoriser la conclusion d’accords de financement.
Quand les banques réclament plus de transparence
Au-delà des difficultés d’accès au crédit, les intervenants ont insisté sur une autre réalité : de nombreuses PME ne sont pas suffisamment préparées à solliciter un financement.
Représentant l’Agence de Promotion des PME, Jean Robert Tsoye Nkono a rappelé que la bancabilité reste le premier défi des entreprises.

« Le financement est un processus qui commence bien avant la rencontre avec le banquier. Une entreprise doit être formalisée, structurée et disposer d’états financiers fiables », souligne-t-il.
Selon lui, les institutions financières recherchent avant tout la crédibilité des promoteurs et la solidité des projets présentés.

« Derrière chaque projet, la banque évalue également l’expertise du promoteur, sa capacité à gérer son entreprise et sa discipline financière », ajoute-t-il.
L’Agence de Promotion des PME entend ainsi renforcer ses programmes d’accompagnement afin d’aider davantage d’entreprises à répondre aux exigences du marché financier.
Des projets à fort potentiel face aux investisseurs
L’un des temps forts de cette rencontre a été consacré aux séances de présentation de projets innovants devant des investisseurs potentiels.
À travers ces pitchs, les entrepreneurs ont eu l’occasion de défendre leurs modèles économiques, présenter leurs ambitions de croissance et convaincre de futurs partenaires financiers.
Les rencontres B to B organisées en marge des travaux ont également permis des échanges directs entre porteurs de projets et institutions financières, ouvrant la voie à d’éventuelles collaborations.
Un signal fort pour l’économie de la CEMAC
Au-delà des résultats immédiats, cette initiative traduit la volonté du Cameroun de renforcer son attractivité économique et de soutenir l’émergence d’un secteur privé plus compétitif.
Dans un espace CEMAC en quête de diversification économique, l’amélioration de l’accès au financement des PME apparaît comme une condition essentielle pour stimuler l’industrialisation, favoriser l’innovation et créer davantage d’emplois durables.
Le F2i Networking pourrait ainsi devenir, à terme, une plateforme de référence en Afrique centrale pour la rencontre entre investisseurs et entrepreneurs.
Une ambition assumée par la CCIMA qui entend faire du financement des PME non plus un frein, mais un levier de transformation économique pour le Cameroun et la sous-région.
Chiffre-clé
Les PME représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial dans la plupart des économies africaines, mais continuent de faire face à un déficit de financement estimé à plusieurs milliards de dollars selon les institutions de développement.
« Nous ne voulons plus attendre une année pour réunir les acteurs du financement et les porteurs de projets. Ce networking est un cadre permanent de dialogue et d’opportunités. » — Halidou Bello, Secrétaire général de la CCIMA.
Afric-eco/Etienne MONTHE


