CAMEROUN – INFRASTRUCTURES : LA DIBAMBA, FUTURE PLACE FORTE DU NUMÉRIQUE ET DE L’INDUSTRIE EN AFRIQUE CENTRALE
Un Data Center de dernière génération, adossé à une centrale énergétique dédiée, est annoncé sur le site de la future Zone d’activités industrialo-portuaires de Dibamba (ZAIPD), à Missolè 1. Une perspective qui pourrait renforcer l’attractivité économique du Cameroun et son ambition de devenir un hub numérique et logistique sous-régional.
Le projet de la Zone d’activités industrialo-portuaires de Dibamba (ZAIPD) prend une dimension stratégique. Sur les rives de la Dibamba, à Missolè 1, dans la périphérie de Douala, le Port autonome de Douala (PAD) entend faire émerger un nouveau pôle d’investissement associant activités industrielles, infrastructures énergétiques et technologies numériques. Première illustration de cette ambition : l’implantation annoncée d’un Data Center modulaire de dernière génération, de type AI-Ready, couplé à une centrale énergétique dédiée.
Ce projet a suscité l’intérêt de la représentation diplomatique américaine. Le Chargé d’affaires par intérim de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, John G. Robinson, a effectué une visite du site, accueilli par Charles Michaux Moukoko Njoh, directeur général adjoint du PAD. Accompagné de plusieurs responsables de l’ambassade, le diplomate est venu apprécier les contours de cet investissement technologique appelé à occuper, dans sa configuration initiale, une emprise foncière de deux hectares.
Au-delà de sa dimension infrastructurelle, l’enjeu est économique et géostratégique. Le futur centre doit contribuer à la souveraineté numérique du Cameroun, en permettant l’hébergement local des données, tout en offrant des capacités mutualisables avec les pays voisins. Un positionnement qui ouvre des perspectives dans les services numériques, le traitement des données et les applications liées à l’intelligence artificielle. Selon les indications présentées au cours de la visite, seuls trois équipements comparables seraient actuellement recensés sur le continent, en Côte d’Ivoire et au Maroc, le Cameroun étant appelé à rejoindre ce cercle.
Pour le PAD, la ZAIPD ne se limite toutefois pas à ce premier investissement. Charles Michaux Moukoko Njoh a évoqué la possibilité d’étendre progressivement l’assiette foncière réservée au Data Center, en fonction de la demande et des opportunités d’investissement. Le gestionnaire portuaire réaffirme également sa disponibilité à accueillir d’autres opérateurs désireux de prendre part au développement de cette zone.
Côté américain, le signal est encourageant. « Nous sommes heureux de voir ce type d’investissement. Nous croyons que c’est le début de quelque chose d’important pour le Cameroun, pour les échanges et pour le commerce entre le Cameroun et les États-Unis », a déclaré John G. Robinson, saluant le travail des équipes du projet.
L’ambition dépasse ainsi les frontières camerounaises. En combinant capacités portuaires, activités industrielles, énergie et infrastructures numériques, la ZAIPD pourrait contribuer à renforcer la compétitivité du corridor de Douala et à répondre aux besoins croissants des économies de la CEMAC en infrastructures de données. À terme, la Dibamba pourrait devenir l’un des nouveaux leviers de diversification économique et d’intégration productive de l’Afrique centrale.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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