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Développement local :À Bafoussam, Roger Mbassa Ndine dessine la stratégie des villes camerounaises pour la compétition économique sous-régionale

Les ports, les corridors logistiques et les zones industrielles ne suffisent plus à définir la puissance économique d’un pays. Désormais, ce sont les villes qui se livrent concurrence pour attirer investissements, talents, entreprises et financements internationaux. Le Cameroun l’a bien compris.

Réunis du 18 au 20 juin 2026 à Bafoussam dans le cadre de la septième Assemblée générale de l’Association des Maires de Villes du Cameroun (AMVC), les exécutifs des principales métropoles du pays ont affiché une ambition nouvelle : transformer les villes camerounaises en véritables plateformes de croissance capables de rivaliser avec les grands pôles urbains d’Afrique centrale.

Au centre de cette vision se trouve le Dr Roger Mbassa Ndine, président de l’AMVC et maire de Douala, qui entend repositionner les collectivités urbaines comme les premiers leviers de la compétitivité nationale.

Des villes qui entrent dans la compétition des territoires

Le thème retenu pour cette assemblée générale — « Du diagnostic à l’attractivité : valoriser le capital local pour un développement économique local et un marketing territorial décentralisé performant » — traduit un changement de paradigme majeur.

Pendant longtemps, le développement local au Cameroun s’est limité à une logique de gestion des infrastructures de proximité. Désormais, les villes veulent parler le langage des investisseurs : gouvernance, attractivité, fiscalité, foncier, capital humain, innovation et qualité de vie.

« Une ville n’est plus seulement un espace administratif ; elle est devenue un produit économique qu’il faut savoir promouvoir », résume un participant aux travaux.

Cette évolution rapproche progressivement les métropoles camerounaises des stratégies déjà déployées par Kigali, Abidjan ou Casablanca pour attirer les flux d’investissements régionaux.

Roger Mbassa Ndine, porte-voix des métropoles camerounaises

Dans son propos liminaire, le Dr Roger Mbassa Ndine a plaidé pour une nouvelle génération de politiques publiques territoriales fondées sur la connaissance fine des potentialités locales et la valorisation des avantages comparatifs de chaque bassin économique.

Le maire de Douala défend depuis plusieurs années l’idée selon laquelle les grandes villes camerounaises doivent devenir les locomotives de la transformation économique du pays.

Cette vision trouve un écho particulier à Douala, capitale économique représentant à elle seule une part majeure des échanges commerciaux du Cameroun et une porte d’entrée naturelle vers le marché de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Sous son impulsion, l’AMVC souhaite désormais faire émerger une diplomatie économique des villes, complémentaire de l’action de l’État central et tournée vers la coopération décentralisée, les investissements directs étrangers et les financements climatiques internationaux.

L’Afrique centrale face au défi des métropoles compétitives

Pour les maires réunis à Bafoussam, la compétition économique de demain se jouera moins entre États qu’entre territoires urbains.

Face à la montée en puissance de pôles régionaux comme Kigali, Abidjan, Lagos ou Dakar, les villes camerounaises entendent renforcer leur positionnement sur plusieurs segments stratégiques :

les plateformes logistiques régionales ;

l’industrie de transformation ;

l’économie numérique ;

les services financiers ;

le tourisme urbain et culturel ;

les industries créatives.

L’objectif est clair : capter une partie des flux économiques destinés au marché de plus de 65 millions d’habitants que représente la CEMAC.

Fiscalité, marchés publics et foncier : les réformes de la compétitivité territoriale

Les travaux à huis clos ont rapidement dépassé les questions administratives pour aborder les véritables déterminants de l’attractivité économique.

Les maires ont notamment insisté sur la nécessité :

d’adapter les procédures des marchés publics aux réalités des collectivités territoriales ;

de réformer la fiscalité locale afin d’accroître les capacités d’investissement des villes ;

d’impliquer davantage les exécutifs municipaux dans les mécanismes d’attribution foncière.

Trois leviers considérés comme essentiels pour réduire les coûts d’implantation des entreprises et améliorer le climat des affaires au niveau local.

La diaspora, futur fonds souverain des territoires

L’une des annonces majeures de cette assemblée générale reste le lancement officiel de la plateforme numérique jesuisaucameroun.com, destinée à mobiliser les ressources financières et l’expertise de la diaspora.

Pour l’AMVC, les Camerounais de l’étranger représentent un levier encore sous-exploité de financement des infrastructures urbaines.

Au-delà des transferts de fonds traditionnels, les maires souhaitent attirer l’épargne productive de la diaspora vers des projets municipaux structurants : marchés modernes, équipements sportifs, infrastructures numériques, mobilité urbaine ou valorisation touristique.

Une stratégie qui s’inspire des modèles développés au Maroc, au Rwanda ou encore au Sénégal.

Vers une nouvelle gouvernance économique des villes

À Bafoussam, les maires de villes ont finalement envoyé un message clair : la décentralisation camerounaise entre dans sa phase économique.

La rétrocession des Parcours Vita aux communautés urbaines, saluée par les membres de l’AMVC, illustre cette volonté progressive de transférer davantage de leviers de développement aux territoires.

La prochaine étape consistera désormais à donner aux grandes villes les moyens réglementaires, fiscaux et financiers de leur ambition.

Car dans la compétition économique qui se dessine en Afrique centrale, le succès du Cameroun dépendra largement de la capacité de ses métropoles à devenir des centres régionaux d’affaires, d’innovation et d’investissement.

À Bafoussam, sous l’impulsion du Dr Roger Mbassa Ndine, les maires camerounais ont clairement affiché leur intention de prendre part à cette nouvelle bataille de l’attractivité territoriale.

Afric-eco/Etienne MONTHE
Contact média : +(237)674147515

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