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PATRIMOINE CULINAIRENdolé Sawa : Transformer un emblème gastronomique en levier économique

Le 27 octobre 2026, au Palais de la culture Sawa, le lancement de la phase II du projet de protection du Ndolé, conduit avec l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), marque une nouvelle étape dans la valorisation d’un patrimoine culinaire appelé à générer des retombées économiques et touristiques.

Au-delà des saveurs, une bataille pour la valeur. Le Ndolé Sawa, emblème de la gastronomie camerounaise, s’impose désormais comme un actif culturel et économique dont la protection juridique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux producteurs, aux restaurateurs et aux acteurs du tourisme. Réunis mardi 27 octobre 2026 au Palais de la culture Sawa, les autorités administratives, les élus locaux et les gardiens de la tradition ont pris part à la cérémonie de lancement de la phase II du projet de protection du Ndolé, en présence notamment du gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, du président du Conseil régional, Polycarpe Banlog, du maire de Douala, Roger Mbassa Ndine, et du président en exercice du Ngondo.

L’enjeu dépasse la préservation d’une recette ancestrale. Il s’agit de faire du savoir-faire Sawa un instrument de création de richesse, dans un contexte où les patrimoines gastronomiques deviennent des leviers de différenciation pour les destinations touristiques et les économies locales. La démarche engagée avec l’OMPI vise ainsi à inscrire la sauvegarde du Ndolé dans une stratégie de propriété intellectuelle susceptible de renforcer son authenticité, sa reconnaissance et sa valorisation commerciale.

De l’assiette au marché

Préparation minutieuse des feuilles de Vernonia, maîtrise de l’amertume, association de la pâte d’arachide, des écrevisses et des crevettes : derrière cette identité gustative se trouve une chaîne de compétences, largement portée par les femmes, dont la transmission constitue un enjeu patrimonial autant qu’économique.

La protection de la marque collective Ndolé Sawa doit contribuer à distinguer le produit authentique des imitations et à consolider sa réputation. À terme, cette reconnaissance peut favoriser la structuration des filières, stimuler la demande de matières premières locales et renforcer les opportunités pour la restauration, l’événementiel et les circuits touristiques. Ces retombées dépendront toutefois de la capacité des acteurs à organiser la production, à assurer la traçabilité et à promouvoir durablement le label.

Pour le maire de la ville de Douala, Dr Roger Mbassa Ndine, le tourisme gastronomique constitue un levier de développement. Face aux défis de la mondialisation, souligne-t-il, les outils juridiques sont indispensables pour protéger le Ndolé et permettre à la communauté Sawa de bénéficier de ses retombées économiques.

Un patrimoine à convertir en valeur

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dynamique de promotion internationale du Ndolé engagée par les pouvoirs publics camerounais avec l’OMPI. Elle intervient alors que la gastronomie s’affirme comme un vecteur de rayonnement culturel et d’attractivité touristique.

Reste désormais à transformer la reconnaissance en résultats mesurables : emplois, revenus pour les producteurs, visibilité des entreprises locales et attractivité accrue de Douala. Car le véritable défi n’est plus seulement de faire connaître le Ndolé, mais de garantir que la valeur créée bénéficie aussi à ceux qui en préservent les secrets.

Accompagné de miondos ou de plantains, le Ndolé Sawa porte ainsi une ambition nouvelle : faire de l’héritage culinaire un moteur de développement et de souveraineté culturelle.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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