Economie

FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT : LE CAMEROUN VEUT MUSCLER SON INFORMATION FINANCIÈRE

À Genève, Yaoundé veut renforcer la qualité de ses données financières et extra-financières. Derrière cette réforme technique se joue un enjeu très concret : donner aux investisseurs et aux bailleurs une meilleure visibilité sur les risques afin de faciliter la mobilisation de capitaux pour les entreprises et les projets de développement.

FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT : LE CAMEROUN VEUT MUSCLER SON INFORMATION FINANCIÈRE

Genève, 30 septembre – 2 octobre 2026 — Le Cameroun entend faire de la qualité de l’information financière, économique, sociale et environnementale un nouvel atout pour attirer les capitaux et renforcer la confiance des investisseurs. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, participe à Genève à la 43ᵉ session du Groupe de travail intergouvernemental d’experts des normes internationales de comptabilité et de publication (ISAR), organisée par la CNUCED.

Derrière les normes comptables se joue un enjeu beaucoup plus stratégique : la capacité du pays à produire une information suffisamment fiable, comparable et transparente pour rassurer les bailleurs, les investisseurs et les partenaires financiers.

Dans un contexte où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) prennent une place croissante dans les décisions d’investissement, Yaoundé souhaite renforcer les pratiques de reporting des entreprises comme des administrations. L’enjeu est notamment de mieux documenter les performances économiques, mais aussi les risques et les impacts sociaux et environnementaux.

Pour le Cameroun, cette évolution répond à une équation désormais centrale : mieux mesurer pour mieux financer. Une information financière et extra-financière plus robuste doit permettre de réduire les asymétries d’information, d’améliorer l’évaluation des risques et, à terme, de faciliter l’accès à des financements davantage orientés vers des projets durables.

CAP SUR L’ASSISTANCE TECHNIQUE

En marge des travaux de l’ISAR, le ministre des Finances doit échanger avec plusieurs responsables de la CNUCED, dont Pedro Manuel Moreno, secrétaire général adjoint, et Nan Li Collins, directrice de la Division de l’investissement et des entreprises.

Au menu : une nouvelle phase d’assistance technique, l’accompagnement d’entreprises pilotes, la formation des professionnels et le renforcement des systèmes de données. Les discussions doivent également porter sur l’intégration progressive du reporting de durabilité dans le cadre comptable OHADA, un chantier qui pourrait contribuer à rapprocher les pratiques régionales des nouvelles exigences internationales en matière de transparence.

Cette démarche vise à dépasser la seule production de comptes financiers. Il s’agit de construire progressivement un écosystème capable de produire, traiter et publier des données utiles aux décisions économiques et financières.

À Genève, le message camerounais est donc clair : dans la course aux capitaux, la transparence n’est plus seulement une exigence réglementaire. Elle devient un actif économique. Pour Yaoundé, l’objectif est désormais de transformer une meilleure qualité de l’information en davantage de confiance, puis en capacité accrue à mobiliser des financements au service du développement.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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