Marchés de capitaux : le Cameroun mise sur le droit pour renforcer son leadership financier en Afrique centrale
La transformation des marchés financiers ne repose plus seulement sur les innovations technologiques. Elle dépend désormais de la capacité des États à bâtir un environnement juridique crédible, capable de rassurer les investisseurs et de fluidifier les échanges. C’est ce pari qu’entend relever le Cameroun avec l’accélération de la dématérialisation des valeurs mobilières, une réforme stratégique dont l’un des piliers reste la montée en compétences des professionnels du droit.

Réunis à Limbe ce 29 juillet 2026, les avocats des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest participent à un séminaire de renforcement des capacités présidé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Derrière cette initiative se profile une ambition plus vaste : faire du cadre juridique un levier de compétitivité pour le marché financier camerounais et, au-delà, pour l’ensemble de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
À l’heure où les économies africaines recherchent des financements plus diversifiés pour soutenir les infrastructures, l’industrialisation et les PME, la modernisation des marchés de capitaux devient un impératif. La dématérialisation des titres répond précisément à cette exigence. En supprimant les supports physiques, elle réduit les risques de fraude, sécurise la conservation des actifs, accélère les règlements-livraisons et améliore la traçabilité des opérations. Autant d’éléments devenus incontournables pour attirer des investisseurs institutionnels de plus en plus exigeants.
Dans son allocution, Louis Paul Motaze a rappelé que cette réforme vise à renforcer la sécurité des transactions, accroître la transparence des opérations, consolider la confiance des investisseurs et améliorer la compétitivité de la place financière nationale. Mais son succès dépendra aussi de l’appropriation des nouveaux mécanismes par les acteurs judiciaires, appelés à interpréter, sécuriser et accompagner les mutations du droit financier.
Au-delà de la formation, le signal est politique et économique. En investissant dans le capital humain autant que dans les infrastructures financières, Yaoundé affiche sa volonté de faire du Cameroun un pôle de référence des marchés de capitaux en Afrique centrale. Dans un contexte de concurrence croissante entre places financières africaines, la qualité de la gouvernance et la robustesse du droit deviennent des avantages comparatifs décisifs.

À Limbe, le gouvernement n’a donc pas seulement lancé un séminaire. Il a posé un nouveau jalon dans la construction d’un marché financier plus sûr, plus intégré et plus attractif, capable de mobiliser l’épargne régionale, de capter davantage de capitaux internationaux et d’accompagner durablement la transformation économique du Cameroun et de la sous-région.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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