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Foncier urbain : Douala sonne la mobilisation générale pour sauver ses réserves publiques

Face à une pression foncière devenue critique, la Communauté Urbaine de Douala (CUD) passe à l’offensive. Réunis ce mardi à la Maison de la Culture Sawa, autorités administratives, acteurs du foncier et leaders communautaires ont pris part à un atelier stratégique de sensibilisation sur la libération et la préservation des espaces réservés aux équipements publics dans les lotissements régulièrement approuvés.

Sous la houlette du maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, et en présence du représentant du préfet du Wouri, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de réarmement juridique et économique de la gouvernance foncière dans la capitale économique.

Une alerte urbaine aux conséquences économiques majeures

Dans un discours ferme et sans détour, le maire a dressé un constat préoccupant : « Occuper un espace réservé aujourd’hui, c’est bloquer le développement de demain ». En toile de fond, une réalité implacable : la multiplication des occupations illégales, morcellements anarchiques et détournements de vocation fragilise gravement la planification urbaine.

Cette dérive a un coût économique élevé. Elle freine l’implantation d’infrastructures essentielles — écoles, centres de santé, marchés, espaces verts — et compromet des projets structurants, à l’instar du futur système de transport rapide de masse. Résultat : déséquilibres urbains, perte d’attractivité pour les investisseurs et hausse des tensions sociales.

Gouvernance foncière : un enjeu stratégique pour l’attractivité de Douala

Dans une ville en pleine expansion comme Douala, moteur économique du Cameroun, la maîtrise du foncier devient un levier déterminant. Pour l’exécutif communautaire, la préservation des réserves foncières n’est plus une option, mais une exigence stratégique.

« Ces espaces ne sont pas des réserves théoriques, mais des garanties pour l’avenir », a insisté le maire, rappelant leur rôle dans la structuration d’une ville moderne, inclusive et compétitive.

⚖️ Un encadrement légal renforcé

Au cœur des échanges, le rappel du cadre juridique, notamment la loi de 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun. Les modules abordés ont permis de revisiter :

les règles applicables aux lotissements,

le rôle des acteurs du foncier,

les mécanismes de sécurisation des réserves,

ainsi que les sanctions liées aux occupations illégales.

Objectif : mieux armer juridiquement les parties prenantes et favoriser une application rigoureuse des textes.

Une mobilisation multisectorielle inédite

Magistrats, notaires, services du cadastre, élus locaux, promoteurs immobiliers, banques et autorités traditionnelles ont répondu présents. Un signal fort qui traduit une prise de conscience collective.

Le message est clair :
« Les équipements publics sont un droit collectif et non une opportunité individuelle »
« Les chefs traditionnels sont les premiers gardiens des espaces collectifs »

Vers un nouveau pacte foncier pour Douala

À travers cet atelier participatif, la CUD ambitionne d’aboutir à des recommandations concrètes et applicables, en vue d’une feuille de route opérationnelle pour la libération et la sécurisation des espaces publics.

En ligne de mire : restaurer la crédibilité institutionnelle, sécuriser les investissements et garantir un développement urbain durable.

Une responsabilité historique

« La ville que nous construisons aujourd’hui est celle dans laquelle vivront nos enfants demain », a conclu Roger Mbassa Ndine, appelant à une mobilisation sans faille.

Dans un contexte où chaque mètre carré compte, Douala engage ainsi une bataille décisive : reprendre le contrôle de son foncier pour sécuriser son avenir économique.

Afric-eco/Etienne MONTHE
whatsapp : +(237)674147515

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