CEMAC’s Capital Market Awards 2026 : à Douala, un point de presse révèle les ambitions d’un marché financier en quête de maturité

C’est depuis le siège de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), à Akwa, que La Lettre SARL a donné le ton de la 4ᵉ édition des CEMAC’s Capital Market Awards, à travers un point de presse à forte portée économique. En présence du Directeur général de la BVMAC, Dr. Louis Banga Ntolo, l’événement a permis de mettre en lumière les enjeux réels du marché des capitaux en Afrique centrale, entre défis structurels et perspectives de transformation.

Un point de presse à haute valeur stratégique

Véritable cadre d’échanges et de pédagogie financière, cette rencontre avec les médias a permis de clarifier les ambitions profondes de l’édition 2026, centrée sur le thème du financement de la croissance par le marché financier.

Pour La Lettre SARL, organisatrice de l’événement, il s’agit non seulement de promouvoir la culture boursière, mais aussi de repositionner le marché financier comme un outil concret au service du développement des économies de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

Dans un contexte où les États du Cameroun au Gabon, en passant par le Congo, le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale – cherchent à mobiliser des ressources longues, le marché des capitaux apparaît comme un levier encore sous-exploité.

Dr.Louis Banga Ntolo : « élargir le champ des acteurs et créer l’émulation »

Au cœur de ce point de presse, l’intervention du Directeur général de la BVMAC a marqué les esprits. Dans une interview accordée aux médias, il a insisté sur l’évolution majeure introduite cette année dans les Awards.

« Les CEMAC’s Capital Market Awards ne vont plus se limiter aux sociétés de bourse ou aux sociétés de gestion d’actifs. Nous élargissons désormais aux émetteurs et aux entreprises qui distribuent des dividendes », a-t-il déclaré.

Une innovation qui traduit une volonté de dynamiser l’ensemble de la chaîne de valeur du marché financier. En mettant en avant les entreprises performantes, notamment celles qui rémunèrent leurs actionnaires, la BVMAC espère renforcer la confiance des investisseurs.

Le constat est sans appel : Sur plus de 60 millions d’habitants dans la CEMAC, nous avons à peine 10 000 investisseurs. Cela n’a pas de sens, a-t-il martelé.

Pour lui, la distribution de dividendes constitue un facteur clé d’attractivité, susceptible d’encourager davantage d’épargnants à se tourner vers la bourse.

Une pression positive sur les entreprises cotées

L’élargissement des critères de distinction vise également à instaurer une saine concurrence entre les entreprises cotées. En récompensant les meilleurs émetteurs, les organisateurs entendent créer une pression vertueuse, incitant les sociétés à améliorer leur gouvernance et leur performance financière.

Dans cette dynamique, la célébration des 20 ans de la Société des Eaux Minérales du Cameroun, pionnière de la cote régionale, vient rappeler l’importance des success stories dans la construction de la crédibilité du marché.

Salomon Douala Epale : « la croissance commence par les entreprises »

Autre temps fort du point de presse : l’intervention de M. Epale, qui a recentré le débat sur le rôle central du secteur privé.

« Quand on parle de croissance, on parle des politiques publiques, mais surtout des entreprises et des investisseurs. La croissance commence par les entreprises », a-t-il affirmé.

Dans son analyse, le principal défi réside dans la faible mobilisation des entreprises non cotées. Si les acteurs traditionnels du marché – sociétés de bourse et gestionnaires d’actifs répondent présents, les entreprises en quête de financement restent encore hésitantes.

« Les entreprises qui veulent lever des fonds ne se bousculent pas encore. C’est à nous de leur montrer que le marché financier peut être un véritable levier de création de richesse », a-t-il expliqué.

Toutefois, des signaux encourageants émergent dans certains pays de la sous-région, notamment en République centrafricaine, en Guinée équatoriale et au Congo.

Une montée en puissance attendue d’ici l’événement

À quelques semaines de la tenue des Awards, les organisateurs se veulent optimistes quant à une mobilisation accrue des entreprises, notamment camerounaises.

L’enjeu est de taille : faire du marché financier un espace accessible, inclusif et capable de capter l’épargne locale pour financer durablement les économies de la CEMAC.

Un signal fort envoyé au marché

À travers ce point de presse, les CEMAC’s Capital Market Awards 2026 s’imposent déjà comme un instrument de communication stratégique, mais surtout comme un levier d’influence pour accélérer les réformes et renforcer la profondeur du marché financier régional.

Entre pédagogie, innovation et ambition économique, Douala confirme ainsi son rôle de place forte de la finance en Afrique centrale, à l’heure où la sous-région cherche à transformer son potentiel en croissance tangible.

Afric-eco/Etienne MONTHE

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