Crise au Moyen-Orient : l’Afrique en alerte face au choc pétrolier et au risque inflationniste
La montée des tensions au Moyen-Orient fait craindre un véritable séisme économique pour l’Afrique. Plusieurs pays redoutent déjà les effets d’un conflit prolongé sur les marchés de l’énergie, alors que le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 40 % du pétrole mondial, demeure une artère stratégique pour l’approvisionnement global. Toute perturbation dans cette zone entraînerait une flambée immédiate des prix du brut, avec des répercussions directes sur les carburants, le transport et les denrées de première nécessité.
Face à ce risque, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine ont exprimé leur vive préoccupation, appelant à une désescalade rapide pour éviter une nouvelle crise énergétique mondiale. Les institutions régionales mettent en garde contre une aggravation de l’inflation, déjà élevée dans plusieurs économies africaines, et un alourdissement des déficits budgétaires liés aux subventions sur les carburants.
Au Sénégal, Ousmane Sonko, leader du PASTEF, évoque un choc économique mondial susceptible d’affecter la croissance, les investissements et la stabilité monétaire sur le continent. Selon lui, la hausse des coûts énergétiques pourrait freiner la reprise économique post-crise et accentuer la pression sur les ménages et les entreprises.
Dans ce contexte, le Maroc a activé une cellule de veille pour anticiper les impacts économiques et sécuritaires, notamment pour ses ressortissants au Moyen-Orient. De son côté, le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, insiste sur la nécessité d’un dialogue urgent afin d’éviter une volatilité durable des marchés énergétiques.
Les analystes alertent : une crise prolongée pourrait entraîner un ralentissement de la croissance africaine, une pression accrue sur les monnaies locales et un renchérissement du coût de la vie. Pour les économies importatrices de pétrole, les semaines à venir pourraient s’avérer décisives.
Afric-eco/Yvan Treddy TEMSONA


