Port Autonome de Douala
Projets structurants : le PAD accélère sa mue et renforce l’intégration sous-régionale
Le Directeur général du Port Autonome de Douala, Cyrus Ngo’o, a conduit une visite stratégique des chantiers en cours dans l’enceinte portuaire Vendredi 27 février 2026. Une tournée trimestrielle qui s’inscrit dans un vaste programme de modernisation destiné à repositionner le port comme hub logistique majeur du golfe de Guinée et locomotive de l’économie camerounaise avec un impact direct sur les échanges en Afrique centrale.
Des silos à céréales pour sécuriser l’approvisionnement régional
Première étape : le site de construction des nouveaux silos de stockage de céréales. Cette infrastructure d’envergure, réalisée avec un partenaire technique international, permettra d’accueillir du maïs, du blé et d’autres produits stratégiques.

« Nous sommes dans le cadre d’un programme structurant fondamental pour le développement du port », a souligné Cyrus Ngo’o. Annoncé dès 2011 par le Chef de l’État, ce projet vise à renforcer la sécurité alimentaire nationale tout en fluidifiant l’importation de denrées destinées non seulement au Cameroun, mais aussi aux pays enclavés de la sous-région tels que le Tchad et la République centrafricaine.

Avec ces silos modernes, le PAD se dote d’un outil logistique capable de réduire les coûts de stockage, limiter les pertes post-déchargement et sécuriser les chaînes d’approvisionnement régionales dans un contexte mondial marqué par la volatilité des marchés agricoles.
Voiries et mobilité : la bataille du temps de passage portuaire

Au-delà des ouvrages d’accostage, la direction générale a inspecté les chantiers routiers internes. Objectif : désengorger la plateforme et améliorer la circulation des marchandises.
Le développement de la zone navale et l’ouverture de nouvelles voies de mobilité répondent à un impératif de compétitivité. « L’un des objectifs de performance opérationnelle, c’est le temps de passage portuaire », a insisté le DG. En clair, moins d’embouteillages signifie des conteneurs traités plus rapidement, des coûts logistiques réduits et une attractivité accrue pour les opérateurs économiques de la CEMAC.
Dans une région où les corridors Douala–N’Djamena et Douala–Bangui constituent des artères vitales du commerce sous-régional, chaque minute gagnée au port se traduit par des économies substantielles pour les importateurs et exportateurs.
Un quatrième quai pour booster la capacité conteneurisée

Autre chantier phare : la construction d’un quatrième quai dédié au terminal à conteneurs. Cette extension augmentera significativement les capacités de manutention, répondant à la croissance du trafic maritime.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre, cette infrastructure permettra au PAD de consolider sa position stratégique. La régie du terminal à conteneurs, spécialisée dans l’acconage des marchandises conteneurisées, disposera ainsi d’un levier supplémentaire pour absorber l’augmentation des flux commerciaux régionaux.
Un siège emblématique et un partenariat stratégique

La délégation a également visité l’immeuble siège en construction de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC). Pensé comme un symbole de modernité et de souveraineté économique, l’édifice ambitionne d’incarner la capacité du Cameroun à piloter ses propres infrastructures stratégiques.

La présence du Directeur général de l’HYDRAC, entreprise publique spécialisée en expertise technique, marque par ailleurs la volonté du PAD de renforcer les synergies nationales. Un cadre de collaboration est en gestation afin de capitaliser sur l’expertise locale et garantir la conformité des ouvrages aux standards internationaux.
Un levier de transformation économique sous-régionale
Au terme de la visite, la direction générale s’est dite « très satisfaite » de l’état d’avancement des travaux, réalisés « selon les règles de l’art ».
Plus qu’une simple modernisation d’infrastructures, ces projets structurants traduisent une ambition claire : faire du Port Autonome de Douala un catalyseur de croissance pour toute l’Afrique centrale. En améliorant la capacité de stockage, la fluidité logistique et la compétitivité portuaire, le PAD consolide son rôle de porte d’entrée et de sortie des économies sous-régionales.
Dans un environnement où la performance logistique conditionne l’attractivité des investissements, Douala avance ses pions et affirme sa vocation de hub stratégique au cœur du commerce africain.
Afric-eco/Yvain Teddy TEMSONA


