Révision du Plans d’Occupation des Sols (POS) de Douala : anticiper la croissance urbaine pour sécuriser l’économie de la métropole

La salle des fêtes d’Akwa, dans le premier arrondissement de Douala, a servi de cadre, le mardi 6 janvier 2026, à l’atelier de lancement des consultations publiques relatif à la révision des Plans d’Occupation des Sols (POS) de la capitale économique. Présidée par le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, la rencontre a réuni des acteurs institutionnels, des experts en urbanisme, des opérateurs économiques ainsi que des représentants de la société civile, dans une dynamique inclusive de planification urbaine.

Cet exercice stratégique intervient dans un contexte marqué par une croissance démographique et économique soutenue. Douala, estimée aujourd’hui à près de cinq millions d’habitants, se projette déjà vers un horizon de huit à dix millions d’âmes. Une perspective qui impose, selon l’exécutif municipal, une refonte profonde des outils de planification afin d’accompagner durablement le développement urbain et économique.

« Le dernier plan, mis en place en 2015, n’avait pas anticipé l’ampleur des mutations actuelles », a souligné le maire de la ville. Pour l’édile, la révision du POS doit désormais intégrer des paramètres structurants : infrastructures de base, mobilité urbaine, accès au logement, équipements collectifs et cadre de vie. Autant de leviers essentiels pour maintenir l’attractivité économique de la métropole.

Au cœur des échanges, la question foncière a occupé une place centrale. Le maire a relevé la pression croissante sur le prix du mètre carré dans les zones stratégiques, à l’instar de Bonanjo, où il oscille déjà entre un et 1,2 million de francs CFA, avec des projections pouvant atteindre deux millions. Une évolution qui, si elle n’est pas encadrée, pourrait accentuer les déséquilibres sociaux et freiner l’investissement productif. « Dans aucune grande ville au monde le prix du foncier ne diminue. Il est donc impératif d’anticiper ces contraintes et de les gérer intelligemment », a-t-il insisté.

Sous l’angle économique, la révision du POS apparaît ainsi comme un outil de régulation et de sécurisation de l’investissement. En clarifiant les affectations des sols et en organisant l’expansion urbaine, la ville entend créer un environnement plus prévisible pour les investisseurs, tout en optimisant la valorisation du patrimoine foncier communal. Cette planification de nouvelle génération vise également à renforcer la compétitivité de Douala, pôle névralgique des échanges commerciaux et industriels du Cameroun et de la sous-région.

L’atelier de lancement marque donc le point de départ d’un processus de concertation élargi, fondé sur une planification conjointe avec l’ensemble des acteurs urbains. Un choix assumé par l’exécutif municipal, convaincu que seule une gouvernance participative permettra de bâtir une ville résiliente, capable de concilier croissance économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.

Afric-eco/Etienne MONTHE

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