CUD : 100,59 milliards de FCFA de budget, mais une trésorerie sous pression
Malgré une enveloppe budgétaire portée à plus de 100 milliards de FCFA en autorisations d’engagement, la Communauté urbaine de Douala (CUD) reste confrontée aux tensions de trésorerie de l’État et aux retards de mobilisation de ses ressources. Pour 2027, le maire de la ville, Roger Victor Mbassa Ndine mise sur l’optimisation des recettes et des investissements urbains ciblés.
DOUALA, 22 octobre 2026. Le paradoxe financier de la capitale économique camerounaise est désormais posé : un budget conséquent, mais des liquidités insuffisantes pour accélérer l’action publique. À l’ouverture de la troisième session ordinaire du Conseil de communauté, jeudi 22 Octobre 2026 au Palais de la Culture Sawa, le maire de la ville, Dr.Roger Victor Mbassa Ndine, a dressé un bilan budgétaire contrasté et esquissé les priorités de l’exercice 2027.
Porté à 100,59 milliards de FCFA en autorisations d’engagement et à 92,15 milliards en crédits de paiement, après intégration des résultats de l’exercice précédent, le budget 2026 affiche, au 30 septembre, 72,57 milliards de FCFA de recettes émises, mais seulement 45,664 milliards effectivement recouvrés. Dans le même temps, les dépenses réglées atteignent 32,86 milliards de FCFA. La CUD enregistre également 19,12 milliards de restes à recouvrer et 16,1 milliards de restes à payer.
Pour le maire, la performance budgétaire reste loin d’être satisfaisante. En cause : les tensions de trésorerie de l’État, qui entravent le reversement intégral des recettes fiscales à la municipalité.
La dépendance fiscale en question
Près de 92 % des recettes budgétaires classiques de la CUD proviennent, selon l’exécutif, des ressources fiscales mobilisées dans le cadre du budget de l’État, puis reversées par le Trésor public ou le FEICOM. Cette dépendance expose les finances municipales aux retards de paiement et limite la prévisibilité des investissements.
Pour inverser la tendance, Douala entend améliorer le rendement de ses recettes propres : permis de construire, sanctions pour constructions irrégulières, publicité, occupation des parkings et prélèvements liés à la dégradation des chaussées. Réorganisation des services, renforcement du recouvrement et acquisition d’équipements figurent parmi les leviers annoncés.
En 2027, l’investissement urbain comme priorité
Dans un environnement économique morose, marqué par le ralentissement de l’activité et l’atonie de l’investissement public, la municipalité entend concentrer ses moyens sur cinq axes : voirie, éclairage public, salubrité, lutte contre le désordre urbain et embellissement.
La poursuite des travaux sur l’axe Logbessou-Banguè via Lendi et la voie rapide sur les berges du Wouri figure parmi les projets annoncés. La réhabilitation des chaussées, le curage des drains et l’amélioration de la collecte des déchets doivent également répondre à la dégradation des infrastructures après une longue saison des pluies.
L’enjeu est économique autant que social : dans cette métropole, carrefour des échanges commerciaux et financiers de la zone CEMAC, la qualité des infrastructures pèse sur les coûts logistiques, la mobilité et l’attractivité des entreprises.
Avec un encours de dette de 1,19 milliard de FCFA au 30 septembre et aucun incident de paiement signalé sur son service, la CUD affirme poursuivre prudemment son recours au financement bancaire, notamment auprès d’UBA.
Le véritable défi du budget 2027 sera toutefois celui de l’exécution : transformer les recettes annoncées en liquidités, puis en infrastructures opérationnelles. Le projet budgétaire sera soumis au Conseil de communauté en décembre. Au-delà des enveloppes votées, la crédibilité de Douala se mesurera à sa capacité à financer durablement les services urbains dont dépend son dynamisme économique.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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