Kribi : la bataille des ports se joue aussi dans la gouvernance
Gouvernance, conformité, maîtrise des risques : le pari du port camerounais
En envoyant ses experts au Port autonome de Cotonou, du 7 au 11 septembre, le Port autonome de Kribi ne s’est pas contenté d’un échange de bonnes pratiques. À travers ce benchmark, la plateforme camerounaise entend renforcer ses standards de gouvernance et se doter de nouveaux leviers pour consolider sa compétitivité dans les corridors commerciaux d’Afrique centrale.
Kribi accélère. Et cette fois, la bataille se joue moins sur les quais que dans les mécanismes de gouvernance. Du 7 au 11 septembre 2026, une délégation d’experts du Port autonome de Kribi (PAK) a pris ses quartiers au Port autonome de Cotonou (PAC), au Bénin, pour une mission consacrée à la conformité, à la veille juridique et réglementaire et à la maîtrise des risques.
Derrière ce déplacement technique se dessine une ambition plus stratégique : renforcer les capacités internes du PAK pour accompagner son changement d’échelle. Dans un secteur portuaire africain de plus en plus concurrentiel, disposer d’infrastructures performantes ne suffit plus. La qualité du contrôle interne, la prévention des risques et la capacité à anticiper les évolutions réglementaires participent désormais directement à la compétitivité d’une plateforme.
À Cotonou, les experts du PAK ont notamment étudié le positionnement et l’organisation de la fonction Compliance/Conformité, ainsi que les mécanismes de veille juridique et réglementaire. Autre chantier : l’identification, la cartographie et la maîtrise des risques, avec une attention particulière portée à la coordination entre les fonctions juridique, qualité, audit interne et pilotage stratégique.
Pour Kribi, l’enjeu est économique autant qu’institutionnel. Un port capable de sécuriser ses processus, de maîtriser ses risques et d’anticiper les contraintes réglementaires peut renforcer la confiance de ses partenaires et améliorer la fiabilité de son environnement opérationnel. Dans la compétition pour les flux, ces éléments peuvent peser dans les arbitrages des opérateurs et des acteurs de la chaîne logistique.
Le choix de Cotonou n’est pas anodin. Le PAC apparaît ici comme un terrain d’apprentissage africain pour le PAK, dans une logique de coopération Sud-Sud fondée non plus uniquement sur les infrastructures, mais sur le transfert de compétences et de méthodes de management.
Kribi cherche ainsi à capitaliser sur l’expérience d’un autre hub portuaire africain pour renforcer son propre modèle. Une démarche qui intervient alors que les ports du continent cherchent à gagner en efficacité, en résilience et en attractivité face à l’intensification des échanges régionaux.
De Cotonou à Kribi, la coopération portuaire africaine change donc de nature. Elle porte désormais sur ce qui se voit moins mais qui peut décider de la performance : les règles, les procédures, les risques et la gouvernance.
Pour le PAK, le défi sera maintenant de transformer ce benchmark en résultats opérationnels. Car dans la nouvelle bataille des corridors africains, la puissance d’un port ne se mesure plus seulement à ses infrastructures, mais aussi à sa capacité à sécuriser durablement la valeur qu’il crée.
Afric-eco/Etienne MONTHE
Contact média : WhatsApp (+237)674147515
Email : africeco@yahoo.com


