Art & Culture

LITTÉRATURE : DOUALA SE POSITIONNE EN HUB DU LIVRE

La Communauté urbaine de Douala accélère sa stratégie culturelle avec les « Cafés littéraires », une plateforme destinée à faire du livre un moteur de rencontres, de transmission et de rayonnement pour la capitale économique.

Douala change de dimension culturelle. Après s’être imposée comme capitale économique du Cameroun, la ville veut désormais renforcer son statut de grande place de la création et des échanges littéraires. Cette ambition est portée par la Communauté urbaine de Douala, qui multiplie les initiatives pour rapprocher les auteurs, les lecteurs et le grand public. Dernière illustration en date : l’épisode 5 des « Cafés littéraires », organisé ce jeudi 27 août 2026 à l’Onomo Hôtel, en partenariat avec cet établissement.

Le concept est simple, mais l’ambition est grande : créer un espace régulier où le public rencontre directement les écrivains, découvre leurs œuvres et échange autour des grandes questions de société. Pour cette cinquième édition, la CUD a choisi de mettre en lumière l’auteure Amel Touko, venue présenter son ouvrage La petite fille qui ne savait quoi faire de sa touffe.

Le livre au cœur de la ville

À travers cette initiative, la Communauté urbaine de Douala entend installer progressivement une véritable culture littéraire dans l’espace urbain. Le livre sort des bibliothèques et des salles de classe pour investir les lieux de vie, de rencontre et de sociabilité.

« Les Cafés littéraires » se veulent ainsi un rendez-vous où les mots circulent, où les idées se confrontent et où les générations se rencontrent. Une démarche qui participe à la construction d’une ville plus ouverte à la pensée, à la création et au débat.

Pour Amel Touko, la littérature constitue également un puissant outil d’éducation. Son conte raconte l’histoire d’une petite fille confrontée au regard des adultes sur ses cheveux. En quête de réponses, elle découvre un univers où l’on coupe ou lisse les cheveux des petites filles pour les conformer aux normes sociales.

Éduquer par la lecture

Derrière cette histoire se cache une réflexion sur l’estime de soi et la responsabilité des adultes. L’ouvrage s’adresse à la fois aux enfants et à leurs parents, invités à questionner les modèles qu’ils transmettent.

Pour l’auteure, l’apprentissage de la lecture doit commencer dès la petite enfance. Mettre un livre entre les mains d’un enfant, c’est lui donner les moyens de s’émerveiller, de réfléchir et, demain, de devenir un adulte qui pense.

Mais pour que cette ambition prenne corps, encore faut-il que le livre reste accessible. Le secteur fait face à la hausse du prix du papier et des coûts d’impression, alors que les familles doivent déjà faire face aux dépenses scolaires. Amel Touko plaide ainsi pour un accompagnement accru de la filière et interpelle les pouvoirs publics sur certaines dispositions du projet de nouvelle loi sur le livre, notamment les contraintes financières pesant sur les éditeurs.

Faire de Douala une destination littéraire

Avec les « Cafés littéraires », la CUD pose donc les jalons d’une ambition qui dépasse la simple organisation d’événements culturels. Il s’agit de construire progressivement un écosystème littéraire à Douala, en favorisant les rencontres, la lecture, la circulation des œuvres et la visibilité des auteurs.

Dans cette dynamique, la capitale économique pourrait devenir un point de convergence pour les écrivains, éditeurs, lecteurs, acteurs culturels et professionnels du livre, au Cameroun comme au-delà des frontières.

Douala, ville d’affaires, veut désormais être aussi une ville de livres et d’idées. Et la Communauté urbaine de Douala entend bien faire de cette ambition une réalité.

Le rendez-vous est pris : autour d’un auteur, d’un ouvrage et d’un public, Douala écrit une nouvelle page de son histoire culturelle.

Afric-eco/Etienne MONTHE
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