Port de Douala : après la collision de deux navires, Yaoundé serre la vis sur la sécurité du premier hub maritime d’Afrique centrale
Huit jours après la collision entre les navires MV SEA HONOR et MV BLACK RHINO dans le chenal d’accès du Port de Douala-Bonabéri, le gouvernement camerounais passe à l’offensive.

En déplacement lundi 20 juillet 2026 au Port Autonome de Douala (PAD), le Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, est venu constater les faits, évaluer les impacts de l’incident et fixer le cap des réformes destinées à préserver la fluidité du principal corridor maritime de la sous-région.

L’abordage, survenu dans la nuit du 11 au 12 juillet entre un navire quittant le port et un autre en phase d’entrée, avait suscité de vives inquiétudes quant à la continuité des opérations sur une infrastructure stratégique qui dessert le Cameroun mais aussi le Tchad, la République centrafricaine et plusieurs économies de la CEMAC.
Accueilli par le gouverneur de la région du Littoral, les autorités administratives locales et le Directeur général du PAD, le ministre a rappelé que le Gouvernement avait immédiatement diligenté une enquête confiée aux services de la Circonscription maritime, fluviale et lacustre du Littoral, en étroite collaboration avec les équipes portuaires. Objectif : établir avec précision les responsabilités, identifier les causes de l’accident et en tirer toutes les conséquences opérationnelles.

Le Directeur de la Capitainerie, Mekinda Élingui Jean Bertrand, a présenté le déroulement des opérations techniques, détaillant les circonstances de la collision ainsi que les contraintes rencontrées lors des manœuvres de sécurisation. Malgré cet incident, les autorités ont salué la rapidité de la mobilisation des différents intervenants. Le chenal a été rapidement dégagé, les équipages évacués sans délai et le trafic maritime rétabli dans des conditions normales de sécurité, limitant ainsi les risques de perturbation durable des chaînes logistiques régionales.
Au-delà de la gestion de crise, cette visite marque une nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance maritime camerounaise. Les échanges techniques ont permis de réunir les éléments nécessaires pour orienter les décisions futures, tandis que les conclusions de l’enquête seront rendues publiques conformément à la réglementation.

À l’issue de cette mission, le ministre des Transports a formulé huit recommandations majeures destinées à renforcer durablement la sécurité de la navigation, améliorer les procédures de pilotage, accélérer les interventions en cas d’urgence, protéger l’environnement marin et consolider la résilience opérationnelle du Port de Douala-Bonabéri.

En réaffirmant l’engagement de l’État à garantir la sécurité des personnes, la fluidité du trafic maritime et la compétitivité de la principale porte d’entrée des échanges en Afrique centrale, Yaoundé adresse un signal fort aux armateurs, aux investisseurs et aux partenaires économiques de la sous-région : la fiabilité du hub portuaire de Douala demeure une priorité stratégique.
Afric-eco/Etienne MONTHE
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