Climat : jusqu’à 65 % des prairies africaines menacées d’ici 2100, alerte un rapport scientifique

Les prairies africaines sont en première ligne face au dérèglement climatique. Dans un rapport publié le 9 février, le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK) prévient que le changement climatique pourrait réduire jusqu’à 65 % des surfaces de pâturage sur le continent d’ici la fin du siècle, mettant en péril la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et l’équilibre des systèmes agroalimentaires.

Intitulée « Climate change drives a decline in global grazing systems », l’étude s’appuie sur le concept d’« espace climatique sûr », soit l’intervalle de températures, de précipitations, d’humidité et de vent permettant aux prairies de prospérer. Or, l’Afrique se situe déjà à la limite supérieure de cette zone de tolérance climatique.

Selon les modélisations, même dans un scénario de réduction drastique des émissions mondiales, les prairies africaines pourraient reculer de 16 % d’ici 2100. En cas de statu quo climatique, les pertes pourraient atteindre 65 %, sous l’effet combiné de la hausse des températures et des vagues de sécheresse.

Les zones de pâturage des hauts plateaux éthiopiens, de la vallée du Rift est-africain, du bassin du Congo et du bassin du Kalahari devraient progressivement se déplacer vers le Sud. Les prairies côtières, sans possibilité de repli, risquent quant à elles de disparaître.

À l’échelle mondiale, 36 à 50 % des terres actuellement propices au pâturage pourraient perdre leur viabilité d’ici la fin du siècle, affectant entre 110 et 140 millions d’éleveurs et jusqu’à 1,6 milliard d’animaux. En Afrique, où l’élevage représente en moyenne 15 % du PIB et constitue un pilier socio-économique majeur – avec 80 % du cheptel issu du pastoralisme – l’impact serait particulièrement déstabilisateur.

Autre paradoxe souligné : le secteur de l’élevage, déjà fragilisé, contribue lui-même à environ 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Un signal d’alarme retentissant pour un continent où climat, sécurité alimentaire et stabilité sociale sont désormais étroitement liés.

Regards237/Yvan Treddy TEMSONA

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