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Tourisme : Douala veut faire de l’hospitalité un levier de compétitivité régionale

La capitale économique camerounaise accélère sa mue touristique. Réunis le 18 juin 2026 à l’occasion de la deuxième édition du Café du tourisme, acteurs publics et experts de l’hôtellerie ont plaidé pour une refonte profonde de l’expérience client. Un chantier stratégique pour une ville qui ambitionne de renforcer son attractivité dans la concurrence qui l’oppose aux grandes métropoles d’Afrique centrale et de l’Ouest.

Douala. Longtemps considérée comme la porte d’entrée économique du Cameroun, la métropole portuaire entend désormais soigner son image auprès des visiteurs. À l’initiative de la Communauté urbaine de Douala, la deuxième édition du Café du tourisme, organisée jeudi 18 juin sous le thème de la « Valorisation de l’hébergement et de l’hospitalité locale », a placé la question de l’accueil au cœur des priorités du développement touristique urbain.

Dans un contexte où les destinations africaines rivalisent pour capter les flux d’affaires, les congrès internationaux et les investissements touristiques, la qualité de l’expérience client apparaît de plus en plus comme un facteur de différenciation économique.

Autour d’Henri Roger Kingue Edjenguele, organisateur de la rencontre, et sous la modération de Marie Françoise Ebenye, les échanges ont réuni plusieurs figures du secteur, dont Ingrid ToBBo Eyoum épouse Mouen et Irma Ébène, venues partager leurs analyses sur les défis de l’hospitalité locale.

L’accueil, premier actif immatériel de la destination Douala

Pour les intervenants, l’enjeu dépasse largement le simple cadre hôtelier. Il s’agit désormais de construire une véritable culture de service capable d’améliorer la perception de la ville auprès des touristes, investisseurs et voyageurs d’affaires.

Diane Katy Beugam a insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage les métiers de l’accueil à travers un triptyque devenu incontournable : formation, évaluation et suivi.

« Lorsqu’un client franchit la porte d’un établissement, l’expérience commence immédiatement. Le sourire, la qualité de la réception et l’attention portée au visiteur déterminent la suite de son parcours », a-t-elle souligné, rappelant que la satisfaction du client constitue aujourd’hui un indicateur économique à part entière.

Mettre fin aux disparités de traitement

Autre sujet majeur abordé lors de cette rencontre : l’équité dans la prise en charge des visiteurs.

Irma Ébène a dénoncé les différences de considération observées entre touristes internationaux et visiteurs locaux, un phénomène qui, selon elle, fragilise l’image de la destination.

« Les touristes locaux se sentent parfois délaissés par rapport aux touristes internationaux », a-t-elle regretté.

Pour cette spécialiste, l’avenir du secteur passe par une hospitalité inclusive où chaque client bénéficie du même niveau d’attention, indépendamment de son origine ou de son pouvoir d’achat.

Une identité d’hospitalité à construire

Au-delà des procédures et des standards, les experts appellent à une transformation culturelle des établissements.

Ambassadrice de l’expérience et de la culture client, Ingrid ToBBo Eyoum épouse Mouen a plaidé pour l’émergence d’une véritable identité d’hospitalité propre à Douala.

« L’hospitalité doit devenir une identité forte de la ville. Cela suppose de bâtir au sein des hôtels une culture d’entreprise fondée sur l’accueil, l’écoute et l’expérience client », a-t-elle déclaré.

Pour les professionnels du secteur, cette évolution pourrait constituer un avantage concurrentiel décisif à l’heure où les métropoles africaines cherchent à renforcer leur positionnement sur le marché du tourisme d’affaires.

Un enjeu économique pour toute l’Afrique centrale

Au-delà de Douala, les débats ont mis en lumière un défi partagé par de nombreuses villes de la sous-région : transformer l’hospitalité en véritable moteur de croissance.

Car dans une économie de services en pleine expansion, l’expérience client ne relève plus uniquement du savoir-vivre. Elle devient un outil de fidélisation, de création de valeur et d’attractivité territoriale.

En faisant de l’accueil un axe stratégique de sa politique touristique, Douala envoie ainsi un signal clair : la compétitivité des destinations africaines se jouera autant dans les infrastructures que dans la qualité de l’expérience humaine offerte aux visiteurs.

Afric-eco/Etienne MONTHE

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